Adrian Wyld Pierre Poilievre. Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA – Le ministre fédéral de l’Emploi ne regrette pas d’avoir demandé à des fonctionnaires de faire des heures supplémentaires, un dimanche, afin de tourner une vidéo promotionnelle.

Pierre Poilievre a fait face à un barrage de questions en Chambre, vendredi, l’opposition lui reprochant d’avoir gaspillé l’argent des contribuables pour réaliser cette vidéo en particulier, qui s’ajoute cependant à d’autres productions du genre.

Le principal intéressé a balayé toutes les critiques du revers de la main, assurant que le but de l’exercice était d’informer les Canadiens des mesures fiscales mises de l’avant par le gouvernement conservateur.

«Je suis fier de travailler sept jours par semaine» à ces fins, a-t-il lancé aux Communes en réponse au député libéral David McGuinty.

Ce dernier accuse le ministre de s’être payé, aux frais des contribuables, «une vidéo qui flatte la vanité» — et il s’offusque que ladite vidéo porte sur des mesures fiscales qui n’ont pas été adoptées par le Parlement.

Selon M. McGuinty, cette histoire est plus qu’anecdotique: les Canadiens en ont ras-le-bol du comportement des conservateurs, qui «pensent que les fonds publics leur appartiennent» et qui les dépensent à des fins purement partisanes, a-t-il tonné.

Pour mettre fin à cette pratique, il invite le Parlement à adopter «le plus vite possible» son projet de loi d’initiative parlementaire C-544, qui vise à éliminer la publicité gouvernementale partisane, et dont le dépôt remonte à octobre 2013.

La mesure législative propose notamment la création d’un poste de commissaire indépendant, qui s’assurerait que les publicités sont dénuées de partisanerie et qu’elles ne mettent pas en scène un membre du cabinet, un député ou un sénateur, a rappelé vendredi M. McGuinty.

Les libéraux n’ont pas été les seuls à servir une volée de bois vert au ministre Poilievre.

«L’appareil gouvernemental est utilisé à des fins partisanes, et ça empire au fur et à mesure qu’on s’approche des élections et que les conservateurs sentent la soupe chaude», a affirmé en point de presse le député néo-démocrate Guy Caron.

Peu avant, lors de la période de questions aux Communes, sa collègue Ève Péclet s’exclamait que «les fonctionnaires ne sont pas des marionnettes que le ministre peut utiliser à des fins partisanes».

Le ministère de l’Emploi et du Développement social affirme que deux de ses employés ont participé au tournage de la vidéo pendant deux heures, le dimanche 26 avril, et qu’un monteur a ensuite été affecté à la postproduction pendant cinq heures, sur ses heures régulières de travail.

Les images ont été tournées dans un aréna de la circonscription représentée par Pierre Poilievre, dans la capitale nationale, où se tenait une vente de vêtements et d’accessoires pour enfants. On l’y voit approcher des citoyens pour leur présenter le plan fiscal du Parti conservateur.

«Le premier ministre a bonifié la prestation universelle pour la garde d’enfants (pour le mois de) juillet», dit-il à une femme qu’il accoste.

«Peu importe combien je gagne?», s’enquiert aussitôt celle-ci.

«Oui, cent pour cent des familles sont admissibles, tant que vos enfants sont âgés de moins de 18 ans», réplique le ministre Poilievre.

«Oh, ce sont de très bonnes nouvelles», se réjouit l’interlocutrice.

«Oui! Ce sont de très bonnes nouvelles!», répond-il en riant.

Pour l’opposition, il est clair que cette vidéo — tout comme une autre dans laquelle on voit le ministre Poilievre détailler les mesures fiscales dans le foyer de la Chambre des communes — est de nature partisane.

Au ministère de l’Emploi et du Développement social, on plaide que le gouvernement a la responsabilité de communiquer avec les Canadiens pour les informer des programmes et services qui sont à leur disposition.

Vendredi après-midi, la vidéo tournée à l’aréna d’Ottawa avait été visionnée près de 600 fois, tandis que celle filmée au parlement avait été vue près de 500 fois. La section réservée aux commentaires des internautes n’était pas ouverte dans les deux cas.

Les dépenses annuelles rattachées à l’«équipe de services créatifs» qui travaille notamment sur ce genre de projet se chiffrent à environ 50 000 $, a-t-on précisé au ministère de l’Emploi et du Développement social.

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