Paul Chiasson Abousfian Abdelrazik. Paul Chiasson / La Presse Canadienne

Abousfian Abdelrazik, un Canadien d’origine soudanaise que le gouvernement a déjà considéré comme un terroriste, a remporté une petite bataille dans sa longue lutte afin d’obtenir des dédommagements pour des fuites de documents secrets dans les médias.

La Cour fédérale vient d’ordonner à Ottawa de remettre à M. Abdelrazik toute information sur des fuites similaires dont a été victime le Montréalais Adil Charkaoui, un autre Canadien déjà soupçonné par le gouvernement d’entretenir des liens avec les terroristes.

Ces documents secrets, «coulés» en 2007 et en août 2011 et évoqués dans le quotidien montréalais «La Presse», dévoilaient notamment une discussion qu’aurait eue M. Abdelrazik avec Adil Charkaoui, et dans laquelle il était question de détourner et de faire sauter un appareil d’Air France assurant la liaison Montréal-Paris.

M. Abdelrazik, âgé de 53 ans, avait été emprisonné au Soudan — et même torturé, selon lui — sans qu’Ottawa n’intervienne. En 2009, la Cour fédérale a conclu que des agents canadiens de la lutte antiterrorisme avaient joué un rôle dans sa détention, et le tribunal avait critiqué l’attitude du gouvernement canadien dans ce dossier.

Le citoyen canadien poursuit maintenant Ottawa en dommages et intérêts à la suite de la fuite de 2011, estimant que sa réputation a été entachée par des allégations non corroborées et préjudiciables, qui ont laissé croire à la population qu’il était effectivement un terroriste. Il soutient aussi que cette tentative de le discréditer fait partie d’une plus vaste entreprise du gouvernement canadien pour diffamer de présumés terroristes.

M. Abdelrazik demandait aussi au gouvernement de lui remettre tout document lié à des enquêtes sur d’autres fuites survenues entre 2003 et 2005 dans l’affaire Maher Arar — torturé en Syrie — et dans l’affaire Charkaoui en juin 2007.

Le juge Simon Noël, de la Cour fédérale, a accepté la requête concernant la fuite de 2007 de documents liés à Adil Charkaoui, mais a rejeté les autres requêtes.

Le Canada avait arrêté Adil Charkaoui en 2003, pour des motifs de sécurité nationale, mais n’a jamais précisé ses craintes, et le Canadien d’origine marocaine n’a jamais été accusé. Toutes les restrictions qui lui avaient alors été imposées ont été supprimées en 2009.

Il a fait les manchettes récemment lorsqu’on a appris que de jeunes élèves de ses cours d’arabe voulaient joindre des groupes djihadistes au Moyen-Orient. Le collège de Maisonneuve et le cégep de Rosemont, qui lui louaient des locaux pour ses cours, ont rompu leur contrat. M. Charkaoui se défend de participer à la radicalisation de jeunes Montréalais.

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