Julie Lambert/TC Media Le capitaine D. Smarm, Louis Latraverse responsable des communications à la Ville de Sorel-Tracy, le propriétaire du Phoenix, Sandeep Mehta et son fils Aum Mehta, réunis sur le quai pour une brève cérémonie protocolaire.

Le Phoenix Sun, un vraquier amarré au quai Richelieu, au centre-ville de Sorel-Tracy depuis 2012 larguera enfin ses amarres. Son capitaine D. Smarm et ses 16 marins indiens n’attendent plus qu’un remorqueur soit disponible pour quitter le port.

Le départ, d’abord prévu pour vendredi, a été reporté à 16h, puis à samedi, dépendant également de la disponibilité d’un pilote qui mènera le bateau jusqu’à Québec.

Visiblement, le propriétaire du bateau, Sandeep Mehta, avait hâte de quitter le port vers Dubaï, où le navire subira une cure de Jouvence. Une traversée sans cargaison qui prendra, estime le capitaine, de 30 à 40 jours.

Le vraquier a été remis en condition au cours des trois derniers mois, sous la surveillance du fils de l’armateur, Aum Mehta, qui logeait à l’Hôtel de la rive et a connu pour la première fois les rigueurs de l’hiver québécois.

«Tout était à faire», note-t-il, laissant savoir que l’état du bateau acheté à l’encan le 11 novembre dernier laissait fort à désirer.

Mais il a été remis en condition de naviguer, confirme la porte-parole de Transports Canada, Marie-Anik Côté. «Plusieurs inspections du navire ont été effectuées et la plus récente date du 19 mai. On devait s’assurer que toutes les dispositions réglementaires étaient rigoureusement respectées avant que le navire ne soit déplacé et que cela se fasse en toute sécurité», poursuit Mme Côté. La levée d’interdiction de départ a été émise le 20 mai et le remorqueur doit l’accompagner tout au long de son périple sur le fleuve, a-t-elle ajouté.

Sandeep Mehta a-t-il fait une bonne affaire en achetant ce bateau? L’armateur ne saurait le dire encore. «Jusqu’ici, je n’ai fait qu’y investir de l’argent pour l’acquérir (682 500$) et le réparer (remise en fonction des moteurs et des équipements de navigation). On verra plus tard si c’est le cas», ajoute-t-il, sibyllin, refusant de décrire quel avenir il lui réserve. Le vendra-t-il? l’opérera-t-il, lui qui possède déjà trois autres navires.Il assistait, vendredi, sur le quai à une brève cérémonie protocolaire voulue par la Ville de Sorel-Tracy pour saluer ce départ attendu. Étant retenu au congrès de l’Union des municipalités du Québec, le maire Serge Péloquin a voulu manifester son soulagement et sa satisfaction que le Phoenix quitte enfin le territoire sorelois.

Son porte-parole Louis Latraverse a remis à l’armateur une plaque ainsi que le drapeau de la Ville, saluant le professionnalisme dont a fait preuve Sandeep Mehta dans cette histoire qui finit bien.

Après avoir subi tous les aléas entrainés par l’ancien armateur qui ne payait plus ses droits de quaiage depuis plusieurs mois, devant encore à la Ville plus de 90 000$, elle ne pouvait qu’apprécier la qualité du rapport établi avec M. Mehta.

«Il a acquitté tous les frais exigés que ce soit au niveau de la location du quai, des frais d’électricité, des sous-traitants, etc. Il s’est comporté de manière exemplaire depuis que sa compagnie a fait l’acquisition du navire et son équipage a travaillé d’arrache-pied afin de le remettre en fonction pour qu’il reprenne la mer. Le départ du Phoenix vient mettre un terme à une situation qui nous a causé beaucoup de tracas, mais qui heureusement est maintenant derrière nous», a souligné M. Latraverse.

La conclusion de cette saga réjouira de nombreux citoyens, particulièrement ceux de la rue de la Reine et du centre-ville, a-t-il noté. Rappelons que ces derniers se sont souvent plaints de la présence du cargo «stationné» dans leur cour.

Ce départ tourne aussi une page de l’histoire maritime inusitée de la région. Le Phoenix Sun a en effet à Sorel-Tracy une visibilité qu’elle n’aurait pas nécessairement souhaitée et qui a fait les manchettes en août dernier en raison du mauvais sort qu’avait réservé son armateur d’alors, Mengu Pasinli, en laissant son équipage composé de marins turcs, sans salaire et sans nourriture pendant plusieurs semaines. Le maire de Sorel-Tracy avait alors organisé une collecte de fonds afin de venir en aide à l’équipage suscitant la générosité des siens et d’Air Transat qui avait permis le retour à la maison des marins en septembre dernier, après un séjour de plus de six mois à Sorel-Tracy.

Mais il laissera probablement un vide dans le paysage sorelois qu’il occupait depuis novembre 2012, à la suite d’une avarie subie dans le fleuve qui a nécessité son remorquage au quai le plus proche pouvant l’accueillir. Sa présence a tout de même été immortalisée dans un tableau signé Mario Cardin que la Ville a acquis récemment.

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