MONTRÉAL – Québec et Ottawa ont lancé lundi une unité de recherche spécifique pour améliorer la façon dont les soins sont prodigués aux patients dans la province, une initiative qui arrive à point, selon le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, puisque le Québec est à l’aube d’une grande transformation de son système de santé.

Le projet appelé «Le patient d’abord» bénéficiera d’un financement de 32,4 millions $ sur cinq ans, offert à parts égales par les deux gouvernements. Quatre universités québécoises y participeront.

Derrière cette initiative se trouve le fait que les chercheurs recueillent énormément de données dans le cadre de leurs études, mais que celles-ci ne sont pas toujours utilisées de façon concrète sur le terrain.

La publication d’ouvrages scientifiques n’est pas suffisante, il faut que les connaissances se traduisent dans la façon de livrer des soins, a fait valoir Alain Beaudet, président des Instituts de recherche en santé du Canada.

«Il s’agit du transfert des innovations du laboratoire au chevet du patient», a précisé de son côté le député Jacques Gourde, représentant le gouvernement fédéral pour l’annonce.

«C’est le bon moment, parce qu’au Québec, on est au début d’une grande transformation», a dit le ministre Barrette, en référence au projet de loi 10 sur la réforme du réseau de la santé, qui vise à simplifier l’accès aux soins et aux services, en abolissant notamment les agences régionales de santé.

Une innovation notable de l’unité de recherche est la place faite aux patients, qui pourront collaborer directement à améliorer les pratiques des médecins et des infirmières en offrant des commentaires sur leurs expériences et leurs besoins.

«On a aidé à orienter la recherche», a déclaré Nicolas Fernandez, lui-même un greffé d’un rein, qui a participé à un projet de recherche.

Dans ce cas, la recherche clinique a permis de perfectionner les techniques opératoires de greffes d’organes. Pour réellement aider le patient, il a fallu trouver des façons pour qu’il récupère de cette importante chirurgie et l’une d’entre elles a été d’intégrer de l’activité physique au programme de soins.

L’unité de recherche vise à trouver des solutions propres à chaque province, qui peut décider de ses priorités.

«Ce n’est pas une solution ‘made in Ottawa’ pour tout le monde», a fait valoir le docteur Beaudet.

Et cela favorisera les échanges de données et de résultats de recherche entre les provinces «pour éviter la duplication inutile et coûteuse», a-t-il expliqué.

Ce type d’unité de recherche existe d’ailleurs déjà dans d’autres provinces comme l’Alberta, le Manitoba et les provinces des Maritimes.

Selon les données des Instituts de recherche en santé du Canada, 50 pour cent des patients ne reçoivent pas de traitement éprouvé et jusqu’à 25 pour cent reçoivent des soins non nécessaires et potentiellement nocifs.

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