Archives Métro Liz Sandals.

TORONTO – Les quelque 70 000 élèves du secondaire ontariens privés de cours depuis plusieurs semaines devront attendre encore plusieurs jours avant de pouvoir retourner en classe, les députés néo-démocrates ayant retardé, lundi, l’adoption d’une loi spéciale pour forcer le retour au travail des enseignants en grève.

Le gouvernement libéral a déposé le projet de loi après que la Commission des relations de travail en éducation eut récemment statué que les grèves mettaient en péril l’année scolaire des élèves touchés, dans trois conseils scolaires où les enseignants débraient depuis cinq semaines, pour certains.

Les libéraux n’ayant pas obtenu le consentement unanime de l’Assemblée législative pour faire adopter le projet de loi lundi, le gouvernement majoritaire devra suivre les règles parlementaires, ce qui signifie que les élèves devront attendre jusqu’à vendredi, au plus tôt, avant de pouvoir retourner en classe.

Les élèves du secondaire des conseils scolaires de Sudbury, Peel et Durham sont en congé forcé depuis plusieurs semaines, jusqu’à cinq, dans certains cas.

La première ministre Kathleen Wynne s’est dite «déçue» que les néo-démocrates aient retardé l’adoption de la loi, soulignant que les élèves auraient pu retourner en classe dès mardi.

Les progressistes-conservateurs ont appuyé le projet de loi à contrecoeur, tandis que la chef du NPD, Andrea Horwath, l’a qualifiée d’«antidémocratique», ajoutant que le chaos dans le système d’éducation était la faute des libéraux.

La ministre de l’Éducation, Liz Sandals, dit respecter le processus de négociations, mais elle soutient que les élèves doivent maintenant compléter leur année scolaire.

Il s’agit de la première ronde de négociations dans le cadre d’un nouveau processus mis en place par le gouvernement libéral l’an dernier, qui prévoit des pourparlers locaux avec les conseils scolaires pour les enjeux régionaux, et une table centrale avec le syndicat provincial pour les enjeux communs. Les trois conseils scolaires touchés soutiennent que les enseignants ont débrayé sur des enjeux provinciaux, comme la taille des classes.

La Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario a indiqué en fin de semaine que les négociations à la table centrale se trouvaient dans une impasse, et le syndicat pourrait maintenant demander au ministère du Travail la nomination d’un conciliateur. Ce n’est qu’après cette étape que le syndicat pourra songer à une grève provinciale.

La Commission des relations de travail de l’Ontario doit aussi se prononcer sur la légalité des trois grèves régionales.

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