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OTTAWA – Les anciens employés des ambassades canadiennes de la Syrie et de l’Iran ont été traités différemment après leur licenciement, selon quelque 700 pages de documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Il a fallu deux ans et demi pour que La Presse Canadienne consulte tous les documents. Une ancienne employée de Syrie, qui s’est réfugiée au Canada et une autre de l’Iran, qui est toujours dans son pays, ont aussi témoigné de leur expérience.

Les établissements canadiens de Damas et de Téhéran ont été fermés en 2012 en raison, respectivement, de la guerre civile en Syrie et de la décision du Canada de rompre ses liens diplomatiques avec l’Iran.

En Syrie, les mises à pied de ses travailleurs ont commencé en janvier 2012 et l’ambassade a cessé complètement ses activités en mars de la même année.

Une semaine plus tard, l’ambassadeur de l’époque Glenn Davidson avait rédigé une note interne pour préciser comment il avait procédé à la fermeture et émettre des recommandations pour l’avenir.

Pour les personnes originaires de la région, ces emplois ne sont pas simplement une source de revenu, ce sont surtout une source de fierté, a-t-il écrit. «Notre message, essentiellement c’était: occupez-vous de vos employés comme vous aimeriez qu’on s’occupe de vous», a-t-il ajouté.

Chaque travailleur a donc rencontré son gérant individuellement, en plus de recevoir une photo et un certificat d’appréciation. Les employés, qui se sont même vus offrir un soutien psychologique, ont pu encaisser immédiatement leur indemnité de licenciement et ils se sont entendus avec leurs patrons pour les versements de pensions et les avantages sociaux.

«Cela m’a brisé le coeur (que l’ambassade ferme). Mais ce n’était pas surprenant qu’ils nous traitent de cette façon, les Canadiens savent comment traiter les gens», a témoigné Basila, qui ne voulait pas donner son vrai nom pour ne pas nuire à sa famille qui est toujours en Syrie.

Or, ces conseils de l’ambassadeur Davidson ne semblent pas s’être rendus à Téhéran.

La fermeture de l’établissement iranien était entamée en avril 2012, mais les employés locaux et canadiens n’en savaient rien en raison de «circonstances particulières», a-t-on rappelé dans un courriel.

Les employés iraniens savaient que les relations étaient tendues entre leur pays et l’ambassade canadienne, mais les rapports entre leurs patrons étaient toujours cordiaux — jusqu’au printemps 2012, a indiqué Afsaneh, une employée de longue date.

«Quelque chose n’allait pas, mais nous ne pouvions pas dire quoi», a-t-elle expliqué. Elle a su que le Canada avait coupé toute relation avec l’Iran par une amie qui avait entendu la nouvelle au diffuseur public britannique BBC.

L’ambassade avait vraisemblablement élaboré une stratégie pour les licenciements, dont des appels téléphoniques, mais les détails ont été censurés dans les documents.

Les portes de l’établissement ont été fermées à clé et les anciens employés n’ont pas pu récupérer leurs effets personnels avant plus de deux mois. Certains d’entre eux y avaient laissé leurs passeports, leurs diplômes et de l’argent. Ils ont dû attendre autant de temps pour recevoir les paiements d’indemnité de licenciement et les avantages sociaux.

Un groupe d’employés en colère avait d’ailleurs écrit au premier ministre Stephen Harper en octobre de la même année pour lui demander d’intervenir.

«Personne ne s’attendait à cette approche d’un gouvernement qui respecte et milite pour les droits de l’Homme et les valeurs canadiennes à l’égard de ses propres employés», avaient-ils écrit.

Afsaneh n’a pas pu quitter le pays avec son mari comme ils le souhaitaient. Pourtant, Basila a pu se réfugier au Canada, mais elle martèle que son statut d’employée n’a pas joué sur le tout le processus de sélection. «Le gouvernement fait de son mieux dans de mauvaises circonstances», a-t-elle conclu.

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