Archives Métro Pierre-Hugues Boisvenu.

OTTAWA – Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu reconnaît qu’il a commis «une erreur» en réclamant des frais de déplacement pour se rendre au chevet de sa mère souffrante, aujourd’hui décédée. Il conteste cependant l’essentiel des autres reproches du Bureau du vérificateur général (BVG).

«À six occasions en 2012, en raison de la maladie et du décès de ma mère, mes déplacements étaient entre Ottawa et Saint-Jérôme. J’ai changé ma destination au dernier moment et ai omis d’en aviser mon personnel», écrit-il dans le rapport du bureau de Michael Ferguson.

«Un déplacement n’aurait pas dû être réclamé. C’est une erreur de ma part et je suis disposé à rembourser la différence, comme je l’ai indiqué au BVG il y a plusieurs mois», poursuit le sénateur Boisvenu dans ce droit de réplique inclus dans le document rendu public mardi.

Celui qui était l’un des champions de la loi et l’ordre du premier ministre Stephen Harper a vu son dossier transféré à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans la foulée de l’enquête de l’équipe de M. Ferguson.

Le BVG reproche à Pierre-Hugues Boisvenu d’avoir indûment réclamé un total de 61 076 $, dont 38 577 $ en lien avec le travail de conscientisation sur les droits des victimes qu’il accomplit pour une organisation qu’il a fondée avant d’être nommé au Sénat par M. Harper.

«Avant sa nomination, le sénateur donnait des conférences et offrait des commentaires dans le cadre d’émissions radiophoniques pour un organisme dont il était membre fondateur et président», peut-on lire dans le rapport.

«Après sa nomination, le sénateur a continué de s’occuper de ces activités. Il a obtenu le remboursement des frais de déplacement ainsi que des indemnités quotidiennes pour ces activités», est-il ensuite écrit.

«Compte tenu de l’information contradictoire et du fait que le sénateur s’occupait d’activités personnelles, (…) nous n’avons pas été en mesure de déterminer si les dépenses réclamées étaient liées à des activités parlementaires.»

Le sénateur Boisvenu estime pour sa part que ce travail de promotion des droits des victimes fait «partie intégrante» de son travail, et qu’il est «impensable» de croire que cela pouvait être accompli exclusivement à partir d’Ottawa.

«Les conférences et émissions auxquelles j’ai participé dans le cadre de mon travail de défenseur des droits des victimes étaient toutes des activités parlementaires», plaide-t-il dans le rapport de quelque 130 pages.

Le sénateur est aussi sur la sellette pour avoir présenté des factures liées à des frais d’expédition de son livre «Survivre à l’innommable» (745 $) — ce à quoi le principal intéressé répond qu’il ne reçoit aucune rémunération ni pour ses conférences, ni «pour la vente de livres qui peut avoir lieu sur place».

L’agent indépendant du Parlement lui reproche enfin d’avoir réclamé 15 826 $ en indemnités de logement inadmissibles.

Le sénateur aurait empoché cette somme en déclarant que sa résidence principale se trouvait à Sherbrooke alors qu’il aurait dû dire qu’elle était à Ottawa, plaide le BVG, une analyse à laquelle M. Boisvenu dit ne pas souscrire.

Après avoir été informé que son dossier serait confié à la GRC, le sénateur québécois a annoncé jeudi soir dernier qu’il quittait le caucus conservateur et siégerait dorénavant comme indépendant.

Maintenant, c’est la menace d’une suspension pure et simple du Sénat qui plane sur lui.

Le leader du gouvernement à la Chambre haute, Claude Carignan, a affirmé mardi avoir signé «une lettre de référence du dossier au comité de discipline pour avoir une enquête du conseiller en éthique sur le comportement du sénateur Boisvenu».

Le bureau du sénateur a signalé que ce dernier s’exprimerait prochainement sur «certains points du rapport» par voie de communiqué.

Il n’accordera cependant «aucune entrevue», a précisé son adjointe exécutive.

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