Chris Young Chris Young / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Enbridge devra encore patienter avant d’inverser le flux de l’oléoduc de la Ligne 9B, puisque l’Office national de l’énergie (ONÉ) lui impose des essais hydrostatiques à trois endroits sur sa canalisation vieille de 40 ans.

Même s’il se dit «satisfait» du travail d’analyse accompli jusqu’ici par l’entreprise albertaine, l’organisme fédéral a exigé jeudi des tests supplémentaires puisque la conduite traverse plusieurs cours d’eau et zones urbaines.

«Compte tenu que le pipeline se situe dans des zones peuplées (…) on a décidé de demander ces essais pour avoir une assurance supplémentaire», a affirmé sa vice-présidente, Lyne Mercier, en entrevue téléphonique.

Ces essais, qui consistent à remplir et pressuriser l’oléoduc avec de l’eau, afin de détecter des anomalies, comme des fuites, devraient s’étirer sur au moins quelques semaines. Cela devrait retarder l’inversion du flux de l’oléoduc, qu’Enbridge (TSX:ENB) souhaitait effectuer avant la fin du mois.

Les tronçons, identifiés par les ingénieurs de l’Office, se trouvent à Mirabel, au Québec, ainsi que dans les environs de Hilton, en Ontario, entre Kingston et Brockville.

«Il y a eu des travaux exploratoires, et à certains endroits, on a relevé des anomalies qui n’avaient pas été détectées par les outils d’inspection interne. Ça arrive», a expliqué Mme Mercier.

La Ligne 9B traverse des centaines de cours d’eau avant d’aboutir à Montréal-Est, ce qui inquiète plusieurs groupes écologistes et municipalités — comme Terrebonne et Laval.

L’oléoduc passe notamment par Toronto en plus de longer le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Terrebonne, sur la Rive-Nord de Montréal. Au Québec, il traverse entre autres la rivière des Mille Îles, la rivière des Prairies et celle des Outaouais.

D’après Mme Mercier, il n’est pas nécessaire d’effectuer des tests hydrostatiques sur l’ensemble de la canalisation de 639 kilomètres. Elle assure que les outils d’inspection interne sont «nettement supérieurs» afin d’en assurer la sécurité.

Si les essais menés par Enbridge répondent aux attentes, la vice-présidente de l’Office a laissé entendre qu’il pourrait s’agir de la dernière étape avant l’inversion de la Ligne 9B.

«S’ils sont satisfaisants, le pipeline pourrait (ensuite) être mis en service, a indiqué Mme Mercier. D’autres conditions sont aussi mises en place. Au cours des deux prochaines années, il y aura des suivis serrés qui seront effectués.»

Enbridge souhaite acheminer vers les raffineries du Québec et de l’Ontario quotidiennement entre 240 000 et 300 000 barils de pétrole en provenance des sables bitumineux de l’Alberta.

Affirmant avoir mené plusieurs inspections et travaux afin de s’assurer de l’intégrité de son oléoduc, l’entreprise s’opposait à la tenue d’essais hydrostatiques.

Par courriel, un porte-parole, Éric Prud’Homme, a indiqué que l’ONÉ avait «approuvé la demande de mise en service d’Enbridge», ajoutant qu’elle était assortie de conditions demandant entre autres des tests hydrostatiques.

«Même si les conditions doivent être respectées avant que le pipeline ne soit mis en exploitation, l’octroi de cette autorisation de mise en service vient reconnaître l’analyse technique poussée et détaillée et les gestes concrets posés à l’égard de la sécurité et de l’intégrité qu’Enbridge a consacrés à ce projet au cours des trois dernières années», écrit-il.

Le président de la Communauté métropolitaine de Montréal et maire de la métropole, Denis Coderre, a pour sa part salué la décision de l’ONÉ, qui répond à une des demandes de l’organisme regroupant 82 villes.

S’il y voit une «belle victoire», le comité de surveillance Citoyens au courant s’est néanmoins demandé pourquoi des tests n’étaient pas exigés sur le tronçon passant sous la rivière des Outaouais, où la corrosion serait plus importante.

Jugeant que la société ne répondait pas à deux des 30 conditions émises, l’Office avait suspendu le projet d’inversion l’automne dernier. L’organisme fédéral avait entre autres soulevé des questions sur la configuration de valves le long de la canalisation.

La semaine dernière, Suncor (TSX:SUN) et Valero — qui exploitent les deux raffineries du Québec — ont écrit à l’ONÉ afin de savoir quand l’inversion aurait lieu.

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