MONTRÉAL – Environ 300 travailleurs affectés au ravitaillement des avions à Montréal et Toronto seront bientôt placés devant un dilemme: perdre leur emploi ou accepter d’effectuer les mêmes tâches mais pour des conditions de travail moindres.

Leur syndicat, l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale, a déposé des plaintes pour pratiques déloyales de travail auprès du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI). Ces employés sont des mécaniciens, des ravitailleurs et des opérateurs qui travaillent aux aéroports Pierre-Elliott Trudeau à Montréal et Pearson à Toronto.

À Montréal, les employés visés ont déjà reçu leur avis de licenciement, qui entrera en vigueur le 1er juillet, a rapporté en entrevue le coordonnateur québécois de l’AIMTA, Dave Chartrand. À Toronto, l’échéance sera le 1er octobre. Environ 100 d’entre eux travaillent à Montréal.

Le litige vient du fait que le consortium canadien des transporteurs aériens, dont fait partie Air Canada, a décidé de mettre fin à ses contrats à long terme avec ses fournisseurs actuels à ces deux aéroports. Les transporteurs se sont alors tournés vers d’autres fournisseurs.

Pour M. Chartrand, cela vise à réduire les coûts aux dépens des travailleurs, qui devraient accepter de travailler pour un salaire bien moindre, des conditions de travail moins généreuses, tout en faisant les mêmes tâches qu’avant. «Il y a de nos gens pour qui ça fait plus de 40 ans qu’ils font le service de ravitaillement des avions dans les aéroports», a souligné le syndicaliste.

Selon lui, la manoeuvre vise aussi à se débarrasser du syndicat. Mais Air Canada soutient de son côté que les futurs emplois seront syndiqués.

Le Conseil canadien des relations industrielles commencera à étudier les plaintes le 9 septembre. Or, à Montréal, les mises à pied entreront en vigueur le 1er juillet. C’est pourquoi M. Chartrand a tenté la voie politique pour accélérer les choses.

Le Nouveau Parti démocratique a en effet interrogé en Chambre la ministre du Travail, Kellie Leitch, qui a répondu que le CCRI était indépendant et qu’il rendrait sa décision au moment opportun. La ministre a aussi indiqué que des médiateurs et conseillers du ministère travaillaient en compagnie des deux parties afin de tenter de trouver un règlement.

Mais selon M. Chartrand, cela est faux et le gouvernement n’intervient pas.

En entrevue, le député néo-démocrate de Rosemont – La-Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, a dénoncé l’attitude de laissez-faire du gouvernement Harper.

«Pour la région de Montréal et tout le secteur aérospatial, c’est un autre coup dur et c’est la perte de bons emplois, bien rémunérés, bien payés. Après Aveos, après d’autres coupures qu’il y a eues, nous, au NPD, on trouve que c’est assez, que le gouvernement conservateur doit, non pas décider à la place des compagnies, mais doit intervenir pour essayer de protéger ces bons emplois-là», a-t-il dit.

Selon le député néo-démocrate, les salaires qui seront payés par le futur fournisseur pourraient être moindres de 30 pour cent.

La direction d’Air Canada, de son côté, a confirmé qu’elle voulait ainsi réduire ses coûts. «Nous passons en revue nos fournisseurs de façon régulière dans le but de nous assurer d’être le plus efficace possible aux plans financier et du fonctionnement», a-t-on fait savoir aux relations médias.

Air Canada assure que ses futurs fournisseurs s’activent déjà à recruter du personnel compétent et qui aura les qualifications requises pour travailler aux aéroports. Le transporteur confirme que «les candidats admissibles (travaillant pour les fournisseurs actuels) pourront postuler» auprès des nouveaux fournisseurs.

Air Canada ajoute aussi que c’est le consortium qui a pris la décision, et non Air Canada. Et c’est à la suite de cette décision que chaque transporteur aérien a cherché à conclure ses propres arrangements de ravitaillement.

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