Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Pauline Marois

MONTRÉAL – Il est temps que le gouvernement fasse son bout de chemin et qu’il s’attaque de front à la question de la hausse des frais de scolarité, estime la chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois.

Mme Marois ne cache pas qu’elle aurait géré la crise étudiante d’une manière bien différente si elle avait été à la place de l’actuel premier ministre, Jean Charest.

Le PQ n’aurait pas annoncé de hausse des frais de scolarité et aurait cherché un terrain d’entente en proposant l’indexation des frais de scolarité, assure Mme Marois. Les péquistes n’auraient jamais adoptée une mesure législative comme la loi spéciale 78.

Entre-temps, depuis son siège de chef de l’opposition officielle, Mme Marois doit se contenter de souhaiter «de toutes ses forces» que le conflit se termine, car il ne profite à personne selon elle.

Mme Marois croit également que les deux requêtes déposées vendredi contre la loi spéciale constituent une «démarche très saine» qui pourra «faire la démonstration que la loi 78 heurte de front des droits fondamentaux reconnus par des chartes».

«Quand on veut discuter sérieusement pour trouver une solution, on n’adopte pas de lois matraques», a-t-elle dit depuis la ville de St-Colomban, dans les Laurentides, où elle s’est rendue samedi pour appuyer le candidat péquiste dans la circonscription d’Argenteuil, Roland Richer, en vue de la prochaine élection partielle, le 11 juin.

La chef péquiste se garde par ailleurs de trop s’enthousiasmer sur les résultats du dernier sondage CROP qui place son parti au coude-à-coude avec le Parti libéral dans les intentions de vote des Québécois. «On ne peut jamais présumer d’une élection ni de ses résultats, dit-elle, prudente. Je vais travailler pour qu’on forme un gouvernement majoritaire. Il est temps de passer à autre chose, le Québec est fatigué d’un gouvernement qui les a profondément déçus depuis neuf ans.»

Mme Marois a par ailleurs évité les questions de La Presse Canadienne à propos de possibles liens entre son parti et des porte-parole étudiants, préférant réitérer l’importance que son parti accorde à l’éducation.

«Nous sommes des gens de conviction, nous croyons que la cause étudiante est valable. L’éducation doit être une priorité», a-t-elle affirmé.

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