QUÉBEC – Le retour de Gilles Duceppe comme chef du Bloc québécois suscite des craintes au Nouveau Parti démocratique (NPD), a déclaré jeudi le candidat conservateur Gérard Deltell.

M. Deltell a fait cette déclaration deux jours après le passage à Québec du chef néo-démocrate Thomas Mulcair, qui a rappelé l’ouverture de son parti envers le droit à l’autodétermination du Québec.

Cette position adoptée par le NPD en 2005, qui prévoit la reconnaissance d’un référendum sur la souveraineté remporté à la majorité simple, entre en contradiction avec la Loi sur la clarté référendaire adoptée par Ottawa, concernant la nécessité d’une «majorité claire».

Après avoir participé à une annonce du premier ministre Stephen Harper, de passage à Québec jeudi, M. Deltell a accusé le NPD d’avoir au contraire des visées centralisatrices.

Selon M. Deltell, candidat dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent, au contraire des néo-démocrates, les conservateurs ont démontré au cours des dernières années leur respect des compétences des provinces.

M. Deltell a également fait valoir que les conservateurs ont accepté d’intégrer un représentant du Québec dans la délégation à l’Unesco, en plus d’avoir fait adopter une motion parlementaire affirmant que le Québec est une nation.

«C’est bien bizarre de voir M. Mulcair prétendre courtiser les nationalistes, alors que son programme est un programme très centralisateur et surtout un programme qui empiète sur les responsabilités provinciales», a-t-il dit.

Le conservateur a donné l’exemple du projet du NPD de nommer un ministre fédéral chargé des Affaires municipales, dénoncé par les députés de l’Assemblée nationale comme une intrusion dans les compétences du gouvernement québécois.

M. Deltell a refusé de s’avancer sur les dossiers que les conservateurs pourraient mettre de l’avant pour séduire l’électorat plus nationaliste au Québec, préférant envoyer une flèche à M. Mulcair.

«Les néo-démocrates ont leur propre agenda et on comprend très bien que les néo-démocrates sont inquiets de l’arrivée de Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois, a-t-il dit. Parce qu’il y a beaucoup de gens, souverainistes, qui pensaient pouvoir avoir confiance au NPD. Mais les gens se rendent compte, particulièrement les nationalistes québécois, qu’il n’y a pas un parti plus centralisateur et qui empiète plus sur les compétences provinciales que le NPD.»

À Québec, mardi, M. Mulcair a soutenu que la souveraineté du Québec nuirait aux familles de la classe moyenne.

Le ministre fédéral de l’Infrastructure, Denis Lebel, qui participait également à l’annonce de M. Harper, avait présenté le premier ministre comme celui qui a reconnu le Québec comme nation.

Lors d’un échange avec les journalistes, M. Lebel a affirmé que les conservateurs ont un message de rigueur fiscale pour séduire les nationalistes québécois.

«Je dirais aux nationalistes québécois que de tout le pays, le Québec a toujours été cité, comme le dit le premier ministre, comme là où s’est fondé le pays, a-t-il dit. Nous sommes un gouvernement qui s’occupe de toute la population, qui baisse les impôts et les taxes de toute la population et le premier ministre, chaque fois qu’il prend la parole partout au monde, commence ses discours en français.»

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