Yves Provencher/Métro Sam Hamad

QUEBEC – Le gouvernement Harper a fermé rapidement la porte au Québec, qui espérait des assouplissements dans le programme fédéral de travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Le ministre québécois de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, ne semble pas avoir eu la même compréhension que son homologue fédéral, Pierre Poilièvre, de leur tout dernier échange sur ce programme, qui est une pomme de discorde entre les deux ordres de gouvernement.

En effet, depuis le resserrement du programme par Ottawa en 2014, beaucoup d’employeurs québécois se plaignent de ne pouvoir recruter de la main-d’oeuvre qualifiée dans certains domaines. Le gouvernement Couillard avait accusé Ottawa à maintes reprises de faire preuve d’intransigeance et de fermeture dans ce dossier.

En marge d’une annonce conjointe des deux ministres à Québec sur une entente pour aider les personnes handicapées, lundi midi, M. Hamad a indiqué qu’il avait parlé à son vis-à-vis fédéral et qu’il y avait un changement dans son attitude.

«Le ministre (Pierre) Poilievre est très ouvert, a déclaré M. Hamad en point de presse. Il a donné des directives à ses fonctionnaires. Il y a eu un changement, une ouverture, je m’en suis aperçu.»

M. Hamad a précisé que sa collègue la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, allait rencontrer M. Poilievre mardi, et qu’il espérait qu’ils allaient continuer à «discuter et se comprendre, (…) pour tenir compte des particularités du Québec».

Il a dit qu’il donnait la chance au coureur, parce que «la volonté d’en discuter est là». Mais peu de temps après, M. Poilievre, qui est ministre de l’Emploi et du Développement social, l’a contredit dans un autre point de presse. Il a clairement affirmé qu’aucune modification n’était prévue au programme. Il y avait 140 000 prestataires de l’assurance-emploi au Québec en 2013 et il faut que les entreprises les embauchent avant de recruter des travailleurs étrangers temporaires, a-t-il martelé.

«Les Québécois sont totalement d’accord avec notre approche. (…) Les employeurs cherchent 8000 travailleurs étrangers temporaires. Je leur dis: engagez les Québécois tout d’abord.»

Quand un journaliste lui a demandé si le programme allait rester tel qu’il est, M. Poilievre a répondu : «Oui, c’est ça.»

Il a répété que l’objectif de la réforme du programme mise en place par le gouvernement Harper était de prioriser les emplois pour les Québécois au Québec.

En fin d’après-midi, une porte-parole de M. Hamad a toutefois indiqué que les deux hommes s’étaient reparlés et que M. Poilievre avait cette fois de nouveau fait preuve d’ouverture en vue de sa rencontre de mardi avec Mme Weil.

En juin 2014, les autorités fédérales avaient annoncé une refonte du programme de travailleurs étrangers temporaires en raison d’abus constatés, dans certains cas où des travailleurs canadiens avaient été remplacés par des ressortissants venant travailler pour une durée déterminée à un salaire peu élevé.

Ottawa avait décidé d’obliger les employeurs à prouver qu’ils ont tenté d’embaucher un Canadien d’abord avant de recourir au PTET, qui n’inclut pas le secteur agricole. Il interdisait également aux secteurs de l’hôtellerie, du commerce au détail et de la restauration de recourir au programme dans les régions où le taux de chômage est de plus de 6 pour cent.

Le fédéral a mis en oeuvre sa réforme le 30 avril 2015, malgré les protestations du gouvernement Couillard.

Parmi les griefs, Québec estime que des régions où le taux de chômage est de moins de six pour cent seront pénalisées. Le gouvernement québécois croit également que la diminution de la durée des permis de travail accordés à certains travailleurs, qui est passée de quatre à deux ans, viendra compliquer la tâche des entreprises confrontées à des pénuries de main-d’oeuvre, notamment des secteurs comme la transformation alimentaire, les technologies de l’information et les jeux vidéo.

Pas moins de 19 000 travailleurs étrangers seraient au Québec grâce au programme.

Par ailleurs, MM. Hamad et Poilievre ont annoncé lundi le renouvellement d’une entente de quatre ans pour venir en aide aux personnes handicapées. Chacun des deux gouvernements investira 46 millions $ par an jusqu’en 2018 pour l’employabilité des personnes handicapées, et pour subventionner les entreprises qui les emploient.

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