OTTAWA – La crise économique en Grèce a retenti à Ottawa, où les conservateurs et les néo-démocrates ont profité des questions sur l’avenir de la Grèce pour s’attaquer mutuellement sur leurs plateformes économiques.

Dans une déclaration publiée lundi, le cabinet du premier ministre ramène des déclarations du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, qui soutenait il y a trois ans que le gouvernement canadien devrait contribuer à un fonds mondial pour aider les banques européennes en difficultés.

Le communiqué rappelle aussi le soutien des libéraux à ce plan élaboré par le Fonds monétaire international et le G20, mais que le gouvernement conservateur canadien a finalement rejeté.

Le bureau du premier ministre rappelle ainsi que les libéraux et le NPD ont voulu que le Canada «se joigne à la liste des pays à qui la Grèce doit maintenant des milliards de dollars».

Le NPD a aussitôt répliqué en publiant un communiqué dans lequel il s’en prend au bilan économique des conservateurs, indiquant que «plus de 1,3 million de Canadiens sont au chômage, soit 200 000 de plus qu’avant la récession», et que «le PIB s’est contracté en avril pour le quatrième mois consécutif».

À l’approche du déclenchement d’élections générales au Canada, la situation de l’Europe a ramené l’attention sur l’économie intérieure, qui sera un enjeu majeur de la prochaine campagne.

Le ministre des Finances, Joe Oliver, devrait aborder la situation de la Grèce mardi matin, durant un événement à Vancouver. Dans un communiqué publié par son bureau, M. Oliver indique que le Canada pourrait être vulnérable à «la fragilité de l’économie mondiale» et que la «crise» en Grèce rappelle que le pays ne doit pas se risquer à essayer des «plans hasardeux» ou «un leadership non éprouvé», des références à Thomas Mulcair et Justin Trudeau, respectivement.

Le Parti libéral de Justin Trudeau n’a pas tardé à répliquer lui non plus. La porte-parole libérale en matière de commerce, Chrystia Freeland, a affirmé qu’il était «ridicule» que le gouvernement fasse de la politique avec la situation grecque.

«Un gouvernement canadien sérieux devrait se concentrer sur les possibles conséquences pour les Canadiens et l’économie canadienne — et en ce moment, elles semblent très limitées —, mais aussi sur des relations multilatérales fortes. Nous devrions faire ce que nous pouvons pour aider nos amis et alliés européens à trouver une solution efficace», a-t-elle indiqué.

Les économistes estiment cependant que la menace sur l’économie canadienne de la crise en Grèce demeure minime, puisque plusieurs banques européennes se sont déjà délestées de leurs créances grecques.

Dans une note à ses clients, la Banque de Montréal estime ainsi que la Banque centrale européenne dispose de suffisamment de moyens pour stopper toute «contagion importante» de la crise grecque.

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