MONTRÉAL – Le fait qu’Ottawa semble fermé à apporter certains assouplissements au programme fédéral de travailleurs étrangers temporaires (PTET) inquiète l’opposition officielle à Québec ainsi que certains secteurs économiques de la province.

C’est notamment le cas de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) qui déplore l’attitude du gouvernement fédéral.

«Au Québec, la pénurie de main-d’oeuvre spécialisée est bien réelle. Cela explique d’ailleurs en bonne partie le retard du Québec en matière de productivité, a affirmé par communiqué le président de MEQ, Éric Tétrault. (…) Le besoin de recourir à une main-d’oeuvre étrangère va demeurer constant au Québec.»

MEQ appelle à l’ouverture d’un dialogue entre les deux gouvernements pour reconnaître la spécificité du Québec.

Selon l’association, l’exigence pour les employeurs de prouver qu’ils ont tenté d’embaucher un Canadien d’abord pénalise l’économie québécoise.

Certains secteurs sont davantage concernés. Manufacturiers et Exportateurs du Québec déplore ainsi qu’il ne soit pas possible d’embaucher des travailleurs étrangers dans le commerce de détail, la restauration et l’hôtellerie lorsque le taux de chômage de la région dans laquelle les employeurs se trouvent dépasse les six pour cent.

«L’emploi est un enjeu beaucoup trop important pour ne pas tenir compte de l’avis des provinces, qui sont les premières responsables de la vigueur de leur économie», a conclu MEQ.

De leur côté, des députés du Parti québécois ont également réagi en fin de journée, par voie de communiqué, disant faire le constat d’un «autre échec du gouvernement libéral face à Ottawa».

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes et député de Verchères, Stéphane Bergeron, parle d’une succession de revers pour le gouvernement provincial de Philippe Couillard face au gouvernement fédéral.

«C’est un échec cuisant pour le gouvernement de Philippe Couillard, qui se plaît à s’imaginer que le gouvernement canadien l’écoute. Le gouvernement libéral essuie revers par-dessus revers face au fédéral et n’est aucunement inquiété de l’absence de considération des intérêts du Québec par le Canada», a fait valoir M. Bergeron par communiqué.

Selon le député péquiste de Berthier et porte-parole en matière d’agriculture, André Villeneuve, le gouvernement fédéral s’attaque directement aux entreprises créatrices d’emplois au Québec.

Le porte-parole en matière d’immigration et député du Parti québécois dans la circonscription de Bourget, Maka Kotto, a pour sa part soutenu qu’un Québec indépendant pourrait établir de son propre gré les règles encadrant l’embauche de travailleurs étrangers.

Lundi, le ministre québécois de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, avait laissé entendre qu’il y avait un signe d’ouverture de la part de son homologue fédéral, Pierre Poilièvre, en vue d’assouplir le programme en réponse à la spécificité du marché québécois. Les deux gouvernements ne s’entendent pas sur certains aspects du programme depuis 2014. Or, M. Poilièvre a rejeté les allégations de M. Hamad, assurant que le programme actuel allait rester tel qu’il est.

En fin de journée, une porte-parole de M. Hamad a toutefois indiqué que les deux hommes s’étaient reparlés et que M. Poilièvre avait cette fois de nouveau fait preuve d’ouverture en vue de la rencontre de mardi avec la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil.

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