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MONTRÉAL – Fondaction, le fonds de travailleurs de la CSN, devra revoir ses stratégies d’investissement à la suite de l’élimination progressive par le gouvernement conservateur du crédit d’impôt fédéral qui lui était accordé jusqu’ici.

En entrevue avec La Presse Canadienne au moment de la publication des résultats de Fondaction, lundi, son président-directeur général, Léopold Beaulieu, a expliqué que l’élimination du crédit d’impôt se traduirait nécessairement par une hausse du coût d’acquisition des actions par les épargnants, qui doit être compensée par un rendement plus attrayant.

«Si on veut continuer d’offrir un rendement qui batte le niveau d’inflation régulièrement, il va falloir repositionner l’offre de financement et ça veut dire qu’on ne pourra plus répondre à un certain nombre de demandes de financement auxquelles on arrive à répondre actuellement», a expliqué M. Beaulieu.

L’institution entend donc axer davantage ses investissements sur le développement et la consolidation, et les entreprises en démarrage risquent d’écoper.

«Là où ça va frapper le plus, c’est du côté de l’offre de financement à des entreprises qui sont dans une situation beaucoup plus risquée que d’autres», a-t-il précisé.

M. Beaulieu note que tous les intervenants des milieux politiques, des affaires, du secteur financier et syndical au Québec sont unanimes dans leur appui envers les crédits d’impôt aux fonds de travailleurs, tout comme l’ensemble des partis d’opposition à Ottawa, qui promettent tous de le rétablir.

«Ça doit être qu’il y a un certain bon sens là-dedans… et j’espère que le Parti conservateur va le voir», a-t-il répété en assurant que les représentations allaient se poursuivre même si Ottawa continue de faire la sourde oreille à leurs demandes.

Le gouvernement Harper a décidé d’éliminer d’ici trois ans le crédit d’impôt de 15 pour cent accordé aux acheteurs d’actions de fonds de travailleurs. La première réduction de cinq points de pourcentage est entrée en vigueur pour l’année d’imposition 2015.

Fondaction a dégagé un rendement annuel de 5,5 pour cent pour l’exercice financier 2014-2015 et la valeur de l’action atteint 10,23 $, soit une augmentation de 0,54 $ par rapport à son prix de 9,85 $ en juillet 2014.

Au 31 mai, les investissements dans les PME québécoises s’élevaient à près de 850 millions $ et ont procuré un rendement remarquable de 11,4 pour cent. Quant aux placements sur les marchés financiers, leur rendement s’élevait à 5,6 pour cent.

Il s’agit là d’un rendement nettement inférieur à celui du Fonds de solidarité de la FTQ, qui affichait la semaine dernière un rendement robuste 9,8 pour cent, mais M. Beaulieu a tenu à placer les choses en perspective, rappelant que l’actif du Fonds de la FTQ était dix fois plus élevé que le sien.

«À cause de sa taille, Fondaction a pour attitude de se comporter de manière très prudente sur les marchés financiers et cela a un impact qui explique son rendement», a-t-il fait valoir, ajoutant que cette approche faisait en sorte que tous les mouvements importants des marchés, tant à la baisse qu’à la hausse, avaient moins d’impact sur l’actif.

De plus, il souligne que le rendement de Fondaction est bien au-dessus de l’inflation et se rapproche de l’indice de référence auquel l’institution se fie.

Au terme de l’exercice, Fondaction comptait 128 732 actionnaires et son actif net s’élevait à 1,4 milliard $, en hausse de 15,4 pour cent par rapport à l’exercice précédent.

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