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OTTAWA – Après des mois de pourparlers informels sur les changements climatiques entre négociateurs d’une vingtaine de pays, il semble que la 21e conférence des Nations unies sur le climat, en décembre à Paris, accouchera d’une entente substantielle.

Tel est du moins l’avis de deux vétérans négociateurs qui ont facilité des discussions informelles entre les représentants du Brésil, de la Chine, de la Russie, des États-Unis, de l’Allemagne, de la Norvège, de l’Arabie saoudite et du Venezuela, notamment.

Mohammed Valli Moosa, d’Afrique du Sud, a ainsi estimé mercredi, au cours d’une conférence téléphonique avec des journalistes, qu’une entente importante est sur les rails pour Paris.

Son collègue norvégien Harald Dovland a quant à lui estimé que les grandes lignes d’un accord commencent à émerger.

Ainsi, la conférence de Paris ne devrait pas se conclure par l’établissement de cibles précises de réduction des émissions de gaz à effet de serre. On misera plutôt sur un maximum de participation des pays signataires et sur la transparence dans leurs mesures, «afin d’obtenir le plus d’impact possible», a indiqué M. Moosa.

Le rapport des deux vétérans sur les rondes de pourparlers, rendu public par l’organisme américain Center for Climate and Energy Solutions, conclut que le prochain accord devrait respecter le rythme de chacun des pays, qui devront par ailleurs s’engager à réduire leurs émissions et à mesurer leurs progrès en utilisant des normes communes.

Les Canadiens n’étaient pas invités à ces huit rondes informelles de discussions, tenues par l’organisme américain entre mars 2014 et mai dernier, mais cela ne veut pas dire qu’on n’a pas parlé du Canada.

«L’exemple canadien est souvent cité pour illustrer comment un engagement écrit à atteindre une cible ne signifie pas nécessairement que cette cible sera atteinte», a expliqué Elliot Diringer, ancien porte-parole de la Maison-Blanche, qui est aujourd’hui vice-président et directeur de l’organisme établi en Virginie.

Les pays qui sont responsables de plus de 55 pour pour cent des émissions globales ont déjà déposé leurs cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre auprès des organisateurs de la conférence de Paris.

Le gouvernement de Stephen Harper, qui a retiré en 2011 l’adhésion du Canada au Protocole de Kyoto, conclu en 1998, a annoncé en mai ses nouvelles cibles pour l’après-2020: réduire d’ici 2030 ses émissions de 30 pour cent par rapport à leurs niveaux de 2005 — même si le Canada risque de rater sa cible actuelle fixée en 2009 à Copenhague: une réduction de 17 pour cent d’ici 2020.

Le gouvernement conservateur n’a donné aucun détail précis sur les mesures qu’il entend mettre de l’avant afin d’atteindre ses cibles pour 2030 — il semble en fait se fier en grande partie aux provinces.

Les premiers ministres des provinces et territoires doivent d’ailleurs discuter de ces enjeux cette semaine lors de la réunion annuelle du Conseil de la fédération, à Terre-Neuve-et-Labrador, à laquelle le gouvernement fédéral ne participe pas. L’ordre du jour de la rencontre prévoit notamment des discussions sur une stratégie énergétique nationale et sur les changements climatiques.

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