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OTTAWA – Les crimes violents ont diminué pour une huitième année consécutive au Canada en 2014, malgré une légère hausse des homicides, révèle Statistique Canada, mercredi.

Le «taux de crimes déclarés par la police» a par ailleurs diminué de 3,0 pour cent au pays de 2013 à 2014, ce qui représente le 11e recul consécutif — et le plus faible taux depuis 1969.

Au Québec, ce taux de crimes déclarés par la police a baissé de 10 pour cent en 2014, alors qu’il diminuait de 7,0 pour cent au Nouveau-Brunswick et de 3,0 pour cent — la moyenne nationale — en Ontario.

On ne s’entend pas très bien sur les causes qui peuvent expliquer ces baisses successives, a admis mercredi le criminologue Anthony Doob, de l’Université de Toronto. «Des gens se penchent là-dessus depuis des années mais on n’arrive pas à trouver des réponses tout à fait satisfaisantes, a-t-il confié en entrevue. Cela peut être attribuable aux changements démographiques, mais il s’agit d’un facteur relativement mineur, qui ne peut à lui seul tout expliquer.»

Selon Statistique Canada, les services de police du pays ont déclaré un peu moins de 1,8 million d’infractions au Code criminel (sauf les délits de la route) en 2014, soit environ 33 000 de moins que l’année précédente.

La plupart des infractions ont connu une baisse de 2013 à 2014, mais certaines ont affiché une hausse au cours de la même période: la pornographie juvénile (+41 pour cent), le terrorisme (+39), l’extorsion (+16), la fraude d’identité (+8), les infractions sexuelles contre les enfants (+6), le rapt (+4), la fraude (+2) et les vols de véhicules (+1 pour cent).

Selon Statistique Canada, la hausse des infractions sexuelles commises contre les enfants est surtout liée au leurre sur Internet, et pourrait être attribuable à l’augmentation du nombre d’escouades policières spécialisées dans ce type de crimes.

Les lois n’auraient rien à voir

L’Indice de gravité de la criminalité (IGC), qui mesure le volume et la gravité des crimes déclarés par la police, a lui aussi affiché une diminution de 3 pour cent au pays, principalement en raison de la baisse du nombre d’affaires d’introduction par effraction et de vol qualifié.

En 2014, la majorité des provinces et des territoires ont enregistré une baisse tant sur le plan de l’IGC que sur celui du taux de criminalité selon les données policières. La Saskatchewan a affiché l’IGC et le taux de criminalité les plus élevés en 2014, mais ces chiffres ont quand même diminué. À l’opposé, l’Ontario a présenté l’IGC le plus faible en 2014, tandis que le Québec a affiché le taux de criminalité le plus faible.

Le professeur Doob explique que les crimes violents semblent diminuer au cours des ans dans les pays occidentaux. Mais ce qui est clair, selon lui, c’est que ces baisses ne sont pas surtout attribuables au durcissement des lois décidé par les gouvernements. «Lorsque le premier ministre (Stephen Harper) s’est attribué l’automne dernier le mérite de la baisse (de la criminalité au pays), je me suis demandé s’il s’attribuait aussi le mérite pour toutes les baisses enregistrées depuis 1991», lance M. Doob.

Les taux de criminalité ont par contre augmenté dans près du tiers des régions métropolitaines de recensement, Saskatoon présentant la plus forte hausse avec 10 pour cent. À l’opposé, Montréal, Sherbrooke, Québec, Trois-Rivières et Saguenay sont dans le peloton de tête au pays, avec des baisses de 8,0 à 10 pour cent — et de 6,0 pour cent à Gatineau.

À l’échelle provinciale (en excluant les trois territoires), la Saskatchewan a connu le plus haut taux de criminalité en 2014, alors que le Québec affiche le plus bas, suivi de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick.

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