Gracieuseté Gilles Guibord en 2012

OTTAWA – Péquiste avec René Lévesque, bloquiste de la première heure, candidat à l’ADQ, candidat dans un parti nationaliste et chrétien… Gilles Guibord a été tout ça et plus encore. Et le voilà candidat conservateur aux prochaines élections fédérales.

Le vaste passé de l’homme ne préoccupe pas son parti. Pas plus que ses prises de position très publiques sur le port de signes religieux — il interdirait burqa et niqab dans la rue, turban et hijab dans beaucoup de situations.

Il se présente dans le comté de Rosemont – La-Petite-Patrie. Là où le député sortant, Alexandre Boulerice, un néo-démocrate, s’est fait reprocher à répétition par les conservateurs ses dons passés à un parti souverainiste: Québec solidaire.

«De plus en plus de gens se reconnaissent en nous. C’est normal qu’il y a des gens des fois (qui) décident de changer», fait valoir Marc-André Leclerc au nom du Parti conservateur du Canada (PCC).

M. Leclerc insiste sur le passé plus récent de M. Guibord: sa candidature pour l’Action démocratique du Québec.

Plus récemment encore, en 2012, M. Guibord a été candidat, au provincial, d’un parti décrit comme combinant nationalisme québécois et fondamentalisme chrétien: le parti Unité nationale.

«J’ai aussi démissionné de ce parti-là», dit M. Guibord, joint au téléphone. Aujourd’hui, il se décrit comme un «nationaliste». «On peut dire que je suis patriote. Pour ne pas qu’il y ait de confusion, je suis plutôt un patriote, puis je ne suis pas souverainiste», renchérit le candidat.

M. Guibord s’exprime souvent publiquement sur la chose politique, sur bien des plateformes.

En 2010, il soumettait un mémoire sur la Charte des valeurs du gouvernement péquiste.

«Nous voulons que le port de la burqa et du niqab ne soit pas permis au Québec parce que ces vêtements contraignants servent à inférioriser la femme», peut-on lire dans son mémoire intitulé «la religion de l’extrémisme».

Dans ce texte, il prône également l’interdiction du hijab et du turban aux salariés des institutions publiques. Selon lui, les employeurs, publics et privés, devraient aussi avoir le droit d’interdire le port de signes religieux à leurs employés sans rien craindre de la Charte des droits et libertés.

«Je n’ai pas changé d’avis. (…) Il n’y a rien dans la plateforme du Parti conservateur qui est contre mes idées, fait valoir M. Guibord. Puis c’est le seul parti qui propose de restreindre la burqa.»

«Des fois, il y a d’autres candidats qui ont des souhaits sur différentes choses», tente d’expliquer M. Leclerc.

«On a un programme. (…) Nos candidats adhèrent à ce programme-là», assure-t-il.

Dans ce dossier, la seule chose que le programme conservateur promet, c’est d’obliger les nouveaux citoyens à se présenter à leur cérémonie d’assermentation le visage découvert, quoi qu’en pensent les tribunaux.

Ses opinions sur les signes religieux, M. Guibord continue de les étaler sur sa page Facebook de candidat conservateur. Au début du mois, il y a affiché une photo d’un travailleur portant un turban sur lequel est posé un casque d’ouvrier.

«Cet homme a le droit de porter son turban. Mais lorsqu’il s’agit de porter un casque de sécurité, ce devrait être la même loi pour tout le monde. Cet homme aurait à choisir entre son turban et son emploi. (…) C’est que le turban n’est pas une exigence religieuse pour le Sikh. Alors comment justifier d’y accorder un accommodement? À mon avis, c’est un accommodement dé-raisonnable», commentait-il sous la photo.

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