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MONTRÉAL – À la recherche de gains d’efficience, Hydro-Québec vient de lancer un appel de propositions restreint pour la fabrication de ses pylônes, ce qui ouvre la porte à des fournisseurs de l’extérieur de la province.

Mercredi, la société d’État, dont les besoins en acier seront plus élevés au cours des deux prochaines années, a invité 10 fournisseurs pré-qualifiés à soumissionner en lien avec la fourniture de 5000 tonnes d’acier de pylônes.

Le projet de ligne de transport hydroélectrique de 400 kilomètres visant à relier le Lac Saint-Jean à Montréal, évalué à 1,4 milliard $, est principalement à l’origine des besoins supplémentaires d’Hydro-Québec.

«Il y a un souci d’approvisionnement, a expliqué vendredi un porte-parole, Serge Abergel. Nous voulons nous approvisionner avec des prix concurrentiels et avec un produit de qualité.»

Les fournisseurs québécois — Locweld, Fabrimet et Prometek — de la société d’État figurent parmi les invités, mais des entreprises étrangères, dont les noms n’ont pas été révélés, se trouvent aussi sur la liste.

En entrevue téléphonique, M. Abergel n’a pas voulu dire si les prix actuels étaient trop élevés, réitérant que la démarche mise de l’avant par Hydro-Québec permettrait de voir «où sont les prix par rapport aux nôtres».

En 2015, les trois compagnies québécoises fourniront les 10 500 tonnes d’acier prévues, mais la société d’État justifie sa démarche vers des fournisseurs étrangers par les 25 000 tonnes nécessaires en 2016 et 20 000 en 2017.

Il n’a pas été possible de rejoindre Locweld, Fabrimet et Prometek afin d’obtenir leur réaction, mais déjà, l’hiver dernier, ces entreprises avaient exprimé des préoccupations devant l’intérêt d’Hydro-Québec vers l’étranger.

Une représentante syndicale des Métallos — affilié à la Fédération des travailleurs du Québec — chez Fabrimet, Isabelle Proulx, a reconnu que le dossier préoccupait les 72 syndiqués de l’usine.

«C’est préoccupant pour la qualité, a-t-elle dit. Nous avons des critères ici que les autres pays n’ont pas. On pense au verglas. Tout est conçu en fonction de cela. Hydro-Québec demande des qualifications pour l’acier qui ne sont les mêmes ailleurs.»

La représentante syndicale a également souligné que Locweld avait investi quelque 3 millions $ dans ses équipements afin de répondre aux demandes de la société d’État.

M. Abergel a rappelé que la démarche visait à obtenir un prix plus concurrentiel sur les marchés, précisant que l’appel d’offres ne concernait que 5000 des 25 000 tonnes d’acier prévues en 2016.

«Hydro-Québec est très intéressée à faire affaires avec des entreprises québécoises, a-t-il dit. Le message, c’est que l’on est prêt à le faire, mais pas à n’importe quel prix.»

Questionné à savoir si la société d’État aurait recours au même processus afin d’octroyer les 20 000 tonnes d’acier restantes l’an prochain ainsi qu’en 2017, son porte-parole a affirmé que «rien n’avait encore été décidé».

M. Abergel a également fait valoir que si Hydro-Québec était en mesure de générer des économies avec son appel de propositions, elles pourraient se refléter dans les tarifs d’hydroélectricité, ajoutant toutefois que l’inverse était aussi possible.

En 2018, les besoins de la société d’État en acier devraient revenir à la normale, à 10 900 tonnes, d’après ses prévisions. Cela pourrait alors inciter Hydro-Québec à délaisser les appels de propositions.

«La hausse ponctuelle est liée à de grands projets, a souligné son porte-parole. C’est une pratique que l’on avance de façon ponctuelle.»

Annoncée par le gouvernement Couillard et Hydro-Québec le 24 avril dernier, la ligne de transport d’électricité de 735 kv nécessitera 18 mois de travaux et sa mise en service est prévue à l’automne 2018. En période de pointe, 1500 travailleurs seront affectés à l’ouvrage.

Le Bureau des audiences publiques sur l’environnement ne lui a pas donné son aval, mais la Régie de l’énergie si, ainsi que la Commission de protection du territoire agricole.

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