OTTAWA – Les conservateurs se croisent les doigts très fort afin que l’important Partenariat transpacifique soit conclu avant le début de la campagne électorale, qui pourrait être déclenchée dès dimanche.

Ottawa est présentement autour de la table, à Hawaii, pour ce qui semble être le dernier droit dans les négociations en vue de cette entente commerciale majeure.

Les conservateurs aimeraient bien déclencher la campagne électorale en pouvant brandir cet accord comme une preuve de leur bonne performance en matière économique.

Le Partenariat transpacifique, une entente commerciale négociée entre 12 pays incluant aussi les États-Unis, le Mexique et le Japon, pourrait devenir la plus importante de toute l’histoire du commerce international.

Selon des experts, des négociations qui se prolongeraient jusque dans la campagne pourraient placer les conservateurs dans l’embarras, notamment sur la délicate question de la gestion de l’offre, qui protège les producteurs canadiens contre les produits importés.

Le Canada fait l’objet de pressions de la part de partenaires commerciaux pour qu’il abaisse ses importants tarifs douaniers, jugés protectionnistes, sur les importations d’oeufs, de lait, de fromage et de volaille.

Dans une entrevue accordée à l’agence de nouvelles financières Bloomberg, le premier ministre Stephen Harper assure que son gouvernement protégera «du mieux qu’il le pourra» les intérêts de tous les secteurs de l’industrie canadienne.

Le scrutin fédéral doit avoir lieu le 19 octobre.

Selon M. Harper, les négociations sont «bien avancées» et le Canada «ne peut être exclu de ce type d’accord».

Une fois la campagne lancée, le gouvernement peut poursuivre de telles négociations, mais il est peu probable qu’il lie les mains d’un futur gouvernement ou signe un nouvel accord international, affirme un ancien fonctionnaire de haut rang sous le couvert de l’anonymat.

Robert Wolfe, ancien négociateur commercial du gouvernement et professeur à l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario, souligne que les délégués d’autres pays à la table de négociations sont conscients de l’échéancier électoral du Canada.

«Ainsi, la plupart d’entre eux sont d’avis qu’il est préférable de conclure cette semaine, car il serait peut-être impossible d’obtenir une décision du Canada après cela», dit M. Wolfe.

«Durant une campagne électorale, en aucune façon, un gouvernement annoncera quelque chose qui pourrait être vue comme nuisible politiquement à moins d’y être obligé», ajoute-t-il.

L’experte en commerce Laura Dawson estime que l’entente n’a pas vraiment le potentiel d’être un enjeu positif déterminant pour les conservateurs, malgré les possibles nouvelles occasions d’affaires pour le pays.

«Puisqu’il n’y a pas l’émergence de véritables solides bénéfices, puisqu’il n’y a pas vraiment d’autres enjeux controversés qui font surface — le PTP est devenu synonyme de la gestion de l’offre au Canada», fait valoir Mme Dawson, présidente de la firme d’Ottawa Dawson Strategic.

La perspective que le Canada fasse des concessions en assouplissant la gestion de l’offre suscite des craintes chez les producteurs laitiers au Canada, particulièrement au Québec et en Ontario.

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