Fred Chartrand Sousa, Oliver. Fred Chartrand / La Presse Canadienne

TORONTO – Les libéraux provinciaux de l’Ontario ont sauté à pieds joints, jeudi, dans la campagne électorale fédérale qui s’annonce en accusant le premier ministre Stephen Harper d’abandonner les travailleurs ontariens lorsqu’il refuse de collaborer à la mise sur pied d’un régime de pensions provincial.

Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne souhaite créer un régime de rentes ontarien — comme l’avait fait le Québec dans les années 1960 avec la Régie des rentes —, mais Ottawa prévient qu’il ne fera rien pour aider cette province à prélever les contributions sur le salaire ou à administrer le nouveau programme.

Pour le ministre ontarien des Finances, Charles Sousa, il s’agit là d’une manoeuvre cynique et purement partisane, à la toute veille de la campagne électorale fédérale. Selon lui, le premier ministre Harper administre une gifle non méritée au visage des Ontariens.

Les deux tiers des travailleurs ontariens ne peuvent compter sur un régime de retraite privé, chez leur employeur. Le Régime de pensions du Canada leur versera en moyenne 6900 $ par année à la retraite.

Le ministre Sousa estime que ce revenu de retraite sera bien insuffisant alors que M. Harper, lui, touchera une pension de 191 000 $ par année lorsqu’il quittera les Communes.

Le ministre fédéral de l’Emploi, Pierre Poilievre, est venu à la rescousse de son chef en accusant la première ministre libérale Kathleen Wynne et le chef libéral fédéral Justin Trudeau de vouloir à tout prix hausser les impôts des familles de la classe moyenne.

«Nous n’aiderons pas Justin Trudeau et Kathleen Wynne à mettre en oeuvre leur dangereux plan visant à prendre l’argent des travailleurs et de leur famille, à tuer les emplois et à nuire à l’économie», a-t-il dit.

La Chambre de commerce de l’Ontario et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante soutiennent que cette nouvelle taxe sur la masse salariale obligera certains employeurs à réduire leurs coûts de main-d’oeuvre, et donc procéder à des mises à pied.

Le ministre Sousa a par ailleurs plaidé qu’Ottawa avait déjà conclu une entente de coopération avec le Québec, et qu’il avait accepté en 2010 d’apporter des modifications législatives à la Loi sur l’impôt afin de permettre une hausse des contributions au Régime de pensions de la Saskatchewan.

Le ministre a insisté pour rappeler que son gouvernement ira tout de même de l’avant si les conservateurs sont toujours au pouvoir après le scrutin du 19 octobre prochain, mais il a admis que l’implantation du programme coûtera plus cher si l’Agence du revenu du Canada ne collabore pas.

Katha Fortier, première directrice régionale de l’Ontario chez Unifor, puissant syndicat national du secteur privé, déplore que le premier ministre Harper utilise «des manoeuvres politiques grossières, au détriment de la sécurité financière des retraités ontariens».

L’Ontario aurait préféré qu’Ottawa augmente les contributions au Régime de pensions du Canada, mais les conservateurs fédéraux s’y opposent. Le gouvernement Wynne propose donc un régime provincial prévoyant des contributions annuelles des employeurs et des travailleurs pouvant aller jusqu’à 1643 $, dans toute entreprise qui ne dispose pas déjà d’un régime de retraite privé.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!