MONTRÉAL – TransCanada a assuré vendredi qu’elle démontrerait, dans les prochains mois, que son projet d’oléoduc Énergie Est génèrera des retombées économiques considérables, semblant ainsi répondre à une préoccupation récemment exprimée par le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

«Nous ne voyons pas pourquoi, au bout du compte, ce projet ne passerait pas le test», a affirmé vendredi son vice-président exécutif au développement, Alex Pourbaix, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

Il y a deux semaines à Québec, M. Couillard avait estimé que, pour le moment, les retombées d’Énergie Est étaient insuffisantes pour que son gouvernement soit en mesure de lui accorder son appui.

En conférence de presse aux côtés de son homologue albertaine Rachel Notley, M. Couillard n’avait pas fermé la porte au projet, précisant toutefois qu’il revenait au promoteur de mettre en valeur les impacts économiques positifs.

«Je ne crois pas que c’est un changement de ton, s’est défendu M. Pourbaix, lorsque questionné sur le sujet. Tout le monde devrait rester aux aguets pour les annonces (au cours des prochains mois).»

Il a entre autres estimé que les phases de construction et d’exploitation de l’oléoduc — dont la mise en service a été repoussée en 2020 — injecteraient quelque 6 milliards $ dans le produit intérieur brut québécois.

Quant aux annonces prévues, M. Pourbaix a donné en exemple l’octroi, en novembre dernier, d’un contrat à l’usine ontarienne de General Electric Canada à Peterborough, dans le cadre d’Énergie Est, qui a contribué à créer environ 250 emplois.

Entre-temps, la société albertaine a prévenu ses investisseurs que la facture d’Énergie Est, actuellement évaluée à 12 milliards $, grimperait, sans toutefois fournir plus de détails.

Cela est largement attribuable à la décision prise en avril dernier d’abandonner la construction d’un terminal pétrolier à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, en raison de la présence de bélugas, ce qui modifie le tracé.

Initialement, Énergie Est prévoyait le transport quotidien d’environ 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains à travers un oléoduc de quelque 4600 kilomètres vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

TransCanada (TSX:TRP) dit continuer d’évaluer d’autres sites potentiels au Québec pour la construction d’un terminal pétrolier et elle devrait procéder à une mise à jour de son projet au cours des «prochaines semaines».

Son président et chef de la direction, Russ Girling, a néanmoins assuré que l’entreprise était prête à aller de l’avant avec une seule installation aux Nouveau-Brunswick.

«Les points de livraison de Montréal et de Lévis ne seront pas affectés négativement par une décision», a-t-il assuré aux analystes.

Dans l’éventualité où il n’y aurait pas de terminal maritime au Québec, l’oléoduc serait en mesure d’acheminer du pétrole aux installations de Suncor (TSX:SU) à Montréal et d’Énergie Valero à Lévis.

Malgré les nombreuses rumeurs à l’effet que le président américain Barack Obama ait décidé de rejeter le projet d’oléoduc Keystone XL, M. Girling a réitéré qu’aucune décision officielle n’avait encore été prise.

Refusant de spéculer, le grand patron de TransCanada n’a pas voulu dire ce que ferait l’entreprise si la Maison-Blanche devait refuser de donner son aval au projet qui permettrait de transporter le pétrole jusqu’au golfe du Mexique.

Profits et revenus en hausse

Au deuxième trimestre, TransCanada a engrangé des profits de 429 millions $, ou 60 cents par action, au deuxième trimestre, en hausse par rapport à 416 millions $, ou 59 cents, à la même période l’an dernier.

Pour la période terminée le 30 juin, ses revenus se sont établis à 2,63 milliards $, alors qu’ils avaient été de 2,23 milliards $ au deuxième trimestre de 2014.

Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, l’entreprise a engrangé un bénéfice de 397 millions $, ou 56 cents par action, comparativement à 332 millions $, ou 47 cents par action, à la même période en 2014.

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