TORONTO – Une équipe de chercheurs internationaux a rapporté qu’un vaccin contre l’Ebola, mis au point au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg, au Manitoba, fonctionne.

Dans le cadre d’une étude réalisée en Guinée, le vaccin a protégé 100 pour cent des personnes qui l’ont contracté après un contact avec le virus mortel.

Le monde attendait depuis des années un vaccin efficace et celui-ci constitue un pas de géant dans cette direction. Mais plusieurs questions demeurent sans réponse.

1. Combien de temps la protection contre le virus va-t-elle durer?

Les essais ont démontré que ce vaccin — appelé pour l’instant rVSV-ZEBOV — sera vraisemblablement très utile comme outil pour étouffer des éclosions. Ce qui est exactement l’intention des scientifiques qui l’ont inventé.

Une seule dose de vaccin suffit, et la protection s’active rapidement, à l’intérieur de six jours. Ces deux facteurs sont très importants lorsque l’on tente de mettre un frein à une éclosion.

Mais personne ne sait combien de temps la protection va durer. Certaines des personnes inoculées devront être suivies pendant des années pour voir quand elles commenceront à perdre leur immunité.

2. Qu’est-ce que cela signifie pour les autres vaccins contre l’Ebola en cours de développement?

La plupart des vaccins visent des maladies qui sont communes. Ils coûtent des centaines de millions de dollars à mettre au point, mais la dépense est rapidement récupérée par les ventes annuelles.

Mais cela ne sera pas le cas avec le vaccin contre l’Ebola. Malgré l’éclosion massive en Afrique de l’Ouest, l’Ebola demeure une maladie rare.

À ce stade-ci, aucun pays n’envisagerait vacciner tous ses enfants contre l’Ebola, par exemple. Cela n’aurait aucun sens d’un point de vue économique.

Alors bien qu’il y ait quelques autres vaccins expérimentaux contre l’Ebola à différents stades de développement, la réalité est que la plupart d’entre eux ne se rendront pas à la ligne d’arrivée.

3. Y a-t-il de la place pour un autre vaccin contre l’Ebola, alors?

Bien sûr. La prémisse de travail est que l’un des autres vaccins pourrait offrir une protection de plus longue durée, même s’il doit être donné en plusieurs doses, sur une période de plusieurs mois.

Par contre, ce type de stratégie ne fonctionne normalement pas très bien pour le contrôle des éclosions. Mais il pourrait être très utile pour protéger les travailleurs de la santé dans des endroits où l’Ebola frappe de temps en temps, comme en République démocratique du Congo.

L’Afrique n’a pas assez de travailleurs de la santé et les éclosions d’Ebola les affectent grandement. Offrir une protection à long terme contre l’Ebola à ceux qui sont sur la ligne de front serait un grand accomplissement.

4. Ce vaccin pourrait-il arrêter toutes les futures éclosions d’Ebola?

Probablement pas. Il y a cinq souches connues d’Ebola, et trois d’entre elles ont causé d’importantes éclosions. Ce vaccin protège contre l’Ebola Zaïre. Des études réalisées sur des primates suggèrent qu’un vaccin qui protège contre l’Ebola Zaïre ne protégera pas contre les souches Soudan et Bundibugyo, et vice versa.

Donc des vaccins devront être développés contre ces souches aussi.

Idéalement, les experts aimeraient voir un vaccin qui protège contre les trois souches, de la façon dont le vaccin contre la grippe protège contre diverses souches. De cette façon, un vaccin peut être emmagasiné et utilisé pour contrôler toutes les éclosions.

5. Est-ce que ce vaccin va aider à finalement mettre fin à l’éclosion qui perdure en Afrique de l’Ouest?

Il s’agit certainement d’une possibilité. Les tests faits en Guinée incluront désormais l’administration des vaccins à ceux qui sont en contact avec des nouveaux cas d’Ebola, ce qui devrait arrêter la transmission.

Et si elles n’ont pas encore débuté, des discussions seront bientôt en cours avec le gouvernement de la Sierra Leone pour voir s’il veut utiliser la vaccination en anneau dans ce pays.

En ce moment, la Guinée et la Sierra Leone sont les deux seuls pays qui rapportent des cas d’Ebola.

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