La partie de bras de fer entre l’Université Laval, qui menaçait d’éliminer 150 emplois en raison de compressions budgétaires répétées, et le gouvernement du Québec est terminée.

L’institution de haut savoir de la Vieille Capitale a annoncé jeudi s’être entendue avec Québec pour régler le manque à gagner de 11 millions $ qui l’aurait obligée à réduire son personnel.

En fait, Québec a accepté la solution que proposait depuis plusieurs mois la direction de l’université, c’est-à-dire d’absorber la ponction de 11 millions $ en transférant certains investissements du budget de fonctionnement dans le budget d’immobilisations et de reporter ces investissements à plus tard.

Le vice-recteur exécutif Éric Bauce faisait valoir qu’il n’était «pas normal» de toute façon de retrouver des investissements dans les équipements, le mobilier, les technologies de l’information ou l’entretien des stationnements dans le budget de fonctionnement de l’institution, puisque ce budget est plutôt destiné à assurer les activités académiques et à former les étudiants.

Il soulignait au passage que la plupart des organismes publics paient leurs immobilisations et leurs dépenses capitalisables avec leur budget d’investissement.

Dans son communiqué diffusé jeudi, M. Bauce estime qu’il était impératif de trouver une solution pour éviter une forme de tutelle qui aurait privé l’institution de son autonomie décisionnelle puisque le gouvernement aurait pu imposer un plan de redressement en invoquant son obligation de respecter la loi qui lui interdit de faire des déficits.

Guerre de mots

Le litige avait donné lieu à une guerre acerbe de mots entre l’université et le ministre de l’Éducation, François Blais. Celui-ci accusait la direction de s’être octroyée des avantages financiers alors que le président du conseil d’administration de l’université, John Porter, avait été jusqu’à laisser entendre en entrevue au quotidien Le Soleil que le ministre s’acharnait sur l’institution parce qu’il avait échoué dans sa tentative d’en devenir le recteur lors de l’élection qui a confirmé l’actuel recteur, Denis Brière.

Le vice-recteur Bauce, dans son communiqué, a pris soin de remercier le ministre responsable de la Capitale Nationale, Sam Hamad, le Conseil du trésor et le ministère de l’Éducation, mais ne mentionne pas le ministre Blais lui-même.

Québec avait imposé à l’Université Laval des compressions additionnelles de 11 millions $ dans le dernier budget, somme qui portait à 58 millions $ le total des réductions de fonds imposées à l’institution depuis un an. Les compressions gouvernementales ciblent exclusivement les budgets de fonctionnement, un endroit où la direction de l’université disait être arrivée au bout des économies réalisables.

Selon le vice-recteur, l’entente donne à l’Université Laval une flexibilité budgétaire de 66 millions $ sur six ans, soit l’équivalent de la compression annuelle de 11 millions $, ce qui lui permet «d’absorber structurellement les compressions gouvernementales sur une longue période tout en protégeant l’équilibre budgétaire et, par conséquent, le déficit accumulé de l’établissement».

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