Sean Kilpatrick/PC L'émissaire de l'ONU sur l'alimentation Olivier De Schutter

OTTAWA – De nombreux groupes de défense des droits de la personne, d’avocats et de militants veulent que le gouvernement canadien s’excuse pour avoir malmené l’émissaire de l’ONU sur l’alimentation lors de sa récente visite au pays.

Parmi les signataires, on retrouve l’ancien chef néo-démocrate Ed Broadbent, l’ancienne ministre progressiste-conservatrice Flora Macdonald, ainsi que des organisations telles qu’Amnistie internationale.

Plus tôt ce mois-ci, plusieurs ministres du cabinet fédéral s’en sont pris au rapporteur spécial Olivier De Schutter, qui avait exprimé de profondes inquiétudes quant à la capacité des populations autochtones et des familles vivant de l’aide sociale à pouvoir acheter la nourriture nécessaire pour demeurer en santé.

Dans une lettre ouverte publiée mercredi, plus de 150 organisations et individus affirment qu’Ottawa mine l’autorité des Nations unies en s’attaquant publiquement à ses émissaires envoyés au Canada.

La lettre souligne les attaques personnelles lancées contre M. De Schutter par la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, et le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, notamment. Dans ces attaques, plaident les signataires, l’envoyé de l’ONU a été qualifié de «mal informé», qui adopte une approche «condescendante» lors d’une mission «complètement ridicule».

Toujours selon la lettre, le Canada ne peut demander à d’autres pays de respecter les missions de l’ONU quant aux droits de la personne à moins qu’il ne se plie au même exercice.

Depuis ses premières déclarations, la ministre Aglukkaq a déclaré qu’elle ne voulait pas dire qu’il n’existait pas de problèmes d’alimentation dans le Nord canadien, mais qu’elle n’appréciait pas recevoir des commentaires de quelqu’un qui n’y est jamais allé.

M. De Schutter avait pourtant rencontré des communautés des premières nations du nord du Manitoba lors de sa visite. Son itinéraire a été établi par les responsables gouvernementaux qui l’ont invité au Canada, souligne la lettre.

La missive indique également que les constatations et les recommandations présentées par l’émissaire des Nations unies ne contenaient pas d’informations franchement nouvelles. Celles-ci faisaient plutôt écho à des constatations effectuées par des comités parlementaires et des chercheurs indépendants.

Le gouvernement ne semblait toutefois pas désireux de s’excuser. «La ministre a soulevé une série d’interrogations et conserve la même position», a déclaré Steve Outhouse, un porte-parole de Mme Aglukkaq.

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