The Canadian Press Carlos Leitao, Philippe Couillard

Les récentes mesures de restrictions budgétaires du gouvernement provincial créent un réel contexte d’austérité, croient certains; d’autres estiment qu’elles assurent plutôt la prospérité de la province. C’est sur ce sujet que débattront des panélistes de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde (INM), vendredi matin, dans le cadre d’une table ronde. Résumé des points de vue.

Lucie Martineau, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP)

ACTU-Lucie MartineauIl n’y a absolument rien, au Québec, qui nécessite ces restrictions budgétaires aussi fortes. Certains disent que c’est pour la réduction de notre dette, mais notre dette équivaut à 54% du PIB. Elle était plus lourde que ça au milieu des années 90. Elle était moins lourde avant la crise économique de 2008, mais elle va de mieux en mieux. Avant, elle était à plus de 60% du PIB. Ce n’est donc pas une urgence.

Il n’y a rien qui prouve qu’on doit viser une baisse de la dette pour 2015-2016, on peut prolonger l’échéance. Car actuellement, oui, nous sommes en période d’austérité, et il y a un risque de récession. Il y a un risque que les gens ne consomment plus, et alors les finances publiques pourraient s’appauvrir encore plus s’il y a une réduction des revenus venant de la taxe à la consommation.

Le gouvernement ne regarde qu’une seule colonne, celles des dépenses. Il doit aussi regarder la colonne des revenus. Si on arrêtait de gaspiller de l’argent dans les programmes informatiques, on pourrait économiser 235M$. Avec la centralisation de tous nos achats de médicaments, on pourrait sauver 1G$. C’est à ces endroits qu’on peut aller chercher de l’argent plutôt que d’imposer des mesures d’austérité qui touchent les femmes, les plus démunis et les régions.

Guillaume Langlois, coprésident de la campagne Prospérité Québec du Conseil du patronat du Québec

ACTU-Guillaume LangloisJ’estime que c’est un recadrage fiscal nécessaire. C’est malheureux, oui, parce que certains services à la population seront réduits, mais c’est un mal nécessaire parce qu’on est déficitaire. Lorsqu’on ne sera plus déficitaire et que nous pourrons allouer une portion de notre revenu au remboursement de notre dette, on pourra commencer à penser autrement. Mais pour l’instant la démographie est notre pire ennemi. Dans 15 ans, il va y avoir 1,5 personne en âge de travailler pour 4 citoyens québécois. Aujourd’hui, on est à 2 pour 4. Le bassin de main-d’œuvre décroit, de moins en moins de gens peuvent créer de la richesse et la dette s’accroit. Par jour, le Québec paye 30M$ en frais d’intérêts sur la dette publique. Je pense qu’on pourrait utiliser ce 30M$ plus efficacement.

Il faut encourager l’entrepreneuriat, encourager la création de valeur et que les dépenses de l’État soient mises à contribution. Les compagnies pourront aller chercher l’argent sur les marchés internationaux et le ramener dans notre système, car si elles génèrent plus de profits, elles paient plus d’impôt. Le gouvernement pourra alors mieux assumer cette dette qui s’accumule et garder le même niveau de services pour une population vieillissante.

Débat: prospérité ou austérité
Vendredi, 14 août
9h45 – 10h45
École d’été de l’Institut du Nouveau Monde
Salle 4170, Campus de l’Université de Montréal à Laval

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