Fred Chartrand / La Presse Canadienne L'ancien sénateur conservateur Mike Duffy

WINNIPEG — Si le Parti libéral du Canada est élu le 19 octobre, environ un million d’employés des entreprises de compétence fédérale pourraient réclamer des horaires de travail plus flexibles afin de mieux concilier leur vie professionnelle avec leur vie de famille, a annoncé mercredi le chef Justin Trudeau.

Le chef libéral a expliqué lors d’un rassemblement partisan à Winnipeg, au Manitoba, que les travailleurs couverts par le Code canadien du travail pourraient demander des modifications à leurs quarts de travail — pour commencer plus tard ou finir plus tôt, par exemple — et même proposer à leur employeur d’accomplir leurs tâches à la maison.

«Les habitudes de travail des Canadiens changent. Les habitudes de vie des Canadiens changent. Nous devons reconnaître que nous pouvons accroître la productivité de Canadiens, tout en préservant leur qualité de vie», a-t-il lancé devant une foule de quelque 200 personnes.

Un gouvernement libéral amenderait donc le Code canadien du travail et collaborerait avec les provinces et les territoires pour qu’ils apportent les mêmes changements dans leurs propres lois.

Les travailleurs auront le droit de présenter une demande en ce sens à leur employeur… qui aura aussi le droit de refuser, selon le plan libéral. «Il sera permis pour les employés de le demander et l’employeur devra y répondre formellement par écrit», a-t-il affirmé.

Selon M. Trudeau, au Royaume-Uni, une politique similaire a démontré qu’environ 80 pour cent des requêtes déposées par les employés avaient été accordées.

«Nous devons nous adapter au mode de vie des gens et apporter les ajustements qu’ils veulent faire», a-t-il ajouté.

Or, Dan Kelly, président-directeur général de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, croit que la proposition du chef libéral n’est pas claire. Des requêtes informelles soumises par les employés sont déjà acceptées par leurs patrons, a-t-il relevé.

En fait, les actuelles lois du travail constituent parfois un obstacle aux employeurs pour payer des heures supplémentaires à leurs employés, par exemple. Ainsi, ajouter cette disposition supplémentaire au Code canadien du travail ne ferait qu’imposer encore davantage de bureaucratie, selon M. Kelly.

«Je ne pense pas que cela puisse avoir un gros effet négatif dans le milieu, autrement que de créer plus de paperasse. Il n’y a rien dans la proposition qui semble obliger l’employeur à accepter ce que demande le travailleur», a souligné M. Kelly.

Par ailleurs, le procès du sénateur Mike Duffy s’est une fois de plus retrouvé dans les questions posées au chef libéral en réaction aux derniers développements impliquant l’entourage du premier ministre sortant. M. Trudeau a ainsi encouragé Stephen Harper à être ouvert et honnête au sujet ce qu’il savait dans cette affaire.

Le procès Duffy a des répercussions dans la campagne fédérale depuis sa reprise, à la mi-août. Mardi, de nouvelles révélations ont permis de lier plus directement le chef de cabinet de M. Harper, Ray Novak, à une somme de 90 000 $ ayant été versée au sénateur Duffy pour rembourser certaines de ses dépenses contestées.

La cour a ainsi appris que M. Novak avait été mis au courant dès le départ des machinations ayant mené à la démission de M. Wright et au dépôt de certaines accusations contre Mike Duffy. Cette version des événements contredit carrément ce que la campagne conservatrice a raconté aux journalistes la semaine dernière, soit que Ray Novak ne savait rien des tractations concernant les dépenses litigieuses du sénateur de l’Île-du-Prince-Édouard.

Justin Trudeau devait se rendre à Vancouver plus tard mercredi.

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