Denis Beaumont Mélanie Joly, candidate libérale dans Ahuntsic-Cartierville.

OTTAWA — Pour Mélanie Joly, c’est une évidence: si les citoyens d’Ahuntsic-Cartierville lui accordent leur confiance, elle les représentera à la Chambre des communes jusqu’à la fin de son mandat, peu importe la composition du gouvernement qui sera élu le 19 octobre prochain.

«Ça va de soi. C’est évident comme réponse», laisse tomber à l’autre bout du fil celle qui a été investie candidate pour le Parti libéral du Canada lundi soir par une marge d’environ 200 voix, à l’issue de trois tours de scrutin.

Elle savait, en se lançant dans cette nouvelle aventure, qu’elle prêterait flanc à la critique — après tout, elle avait promis qu’elle était en politique municipale «pour y rester» et nié à maintes reprises un passage avec les libéraux de Justin Trudeau.

«Il y a quelque chose qui doit être clair: je n’ai pas été élue à la mairie de Montréal, et voilà pourquoi je n’ai pas été capable de poursuivre mon engagement politique», insiste Mme Joly en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, mardi.

L’ancienne candidate à la mairie de Montréal se défend catégoriquement d’être une opportuniste, comme certains de ses détracteurs le lui reprochent, et fait le pari qu’ultimement, sa feuille de route prouvera le contraire.

«Je pense qu’il y a une totale cohérence entre mon action politique et mes convictions politiques. Et la cohérence, elle s’inscrit dans le temps, et ça va être à la fin de ma vie, j’espère, qu’on pourra dire que j’ai travaillé dans l’intérêt de tous et pour améliorer le sort de la société», plaide-t-elle.

Mais pour le moment, Mélanie Joly poursuit un objectif à plus court terme: celui de remporter la victoire dans sa circonscription montréalaise, où elle affrontera notamment Maria Mourani, ex-bloquiste qui se présente cette fois pour le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Et puisque la campagne est déjà bien entamée, elle y va de ses premières salves contre son adversaire, qui avait été élue sous la bannière du Bloc québécois en 2011 avec une mince majorité de quelque 700 voix.

«Elle n’a absolument rien fait en matière de création d’emplois et de développement économique. Ça n’a jamais été sa priorité en neuf ans; elle n’a jamais même levé le petit doigt pour défendre (le quartier de la mode) Chabanel», déplore Mme Joly.

Il reviendra à Mme Mourani de «défendre le fait qu’elle n’a été capable d’attirer aucun investissement» dans ce secteur, prévient la nouvelle porte-couleurs libérale, une proche de Justin Trudeau qui bénéficiait ouvertement de l’appui de ce dernier.

En raison de ce soutien affiché, justement, certains candidats à l’investiture ont accusé les instances du Parti libéral du Canada (PLC) d’avoir contourné les règles sur les investitures ouvertes, qui devraient laisser le dernier mot aux militants dans le choix des candidats.

Certains qui faisaient campagne depuis des mois lorsque Mélanie Joly s’est lancée dans l’arène, en février dernier, ont laissé entendre que le parti avait délibérément tardé à fixer la date de l’assemblée d’investiture pour favoriser la candidate-vedette.

Plus récemment, deux candidats qui étaient toujours en lice ont soutenu dans un reportage de Radio-Canada que le parti avait offert des postes à des colistiers ayant abandonné la course — des allégations niées par deux d’entre eux et par le PLC.

Y a-t-il eu des irrégularités pendant cette campagne? La nouvelle candidate réfère la question au parti — qui a de nouveau réfuté toute ingérence, mardi — et soutient que sa victoire n’est pas le fruit du hasard.

«Quand je me suis lancée en février, mon réflexe a été de créer une machine, une machine politique avec des gens qui avaient de l’expérience pour m’assurer que le jour J, j’allais pouvoir sortir le vote», expose-t-elle, disant avoir tiré cette leçon de sa course à la mairie en 2013.

Son entrée sur la scène en politique fédérale se fait dans une circonscription redessinée en raison des modifications à la carte électorale.

Ce redécoupage pourrait favoriser les libéraux dans Ahuntsic-Cartierville, car en transposant les votes enregistrés en 2011, ils arriveraient en première position, de justesse.

Les troupes de Justin Trudeau sont toutefois à la traîne dans les sondages nationaux, souvent derrière le NPD et le Parti conservateur.

Mélanie Joly dit ne pas trop s’en formaliser, plaidant qu’il s’agit toujours d’une course à trois.

«Il y a beaucoup d’indécis, et on recherche présentement qui peut s’assurer d’incarner le changement. Jusqu’à la dernière minute, les gens vont être à l’écoute, et je suis convaincue que le PLC a le meilleur programme», suggère-t-elle.

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