Amr Nabil Amr Nabil / The Associated Press

Le journaliste canadien Mohamed Fahmy espère que cette fin de semaine marquera la fin de son «cauchemar» juridique interminable en Égypte.

Un tribunal égyptien est censé — à la suite de plusieurs reports — rendre son verdict, samedi, dans le cadre du procès du journaliste, qui fait face à des accusations de terrorisme. M. Fahmy se dit optimiste, mais il demeure tout de même prudent.

En entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, le journaliste a confié que lui et son collègue égyptien Baher Mohamed — qui a été arrêté avec lui et l’Australien Peter Greste en décembre 2013 — avaient «énormément» souffert sur tous les plans depuis 20 mois et qu’ils espéraient que ce soit la «grande finale».

Les trois journalistes travaillaient pour la station anglophone du réseau Al-Jazeera lorsqu’ils ont été arrêtés il y a près de deux ans. Ils ont été accusés par le gouvernement égyptien d’avoir soutenu les Frères musulmans, une organisation maintenant interdite au pays, et d’avoir menacé la sécurité nationale par leurs reportages.

Ils ont passé plus d’un an en prison avant qu’un tribunal n’ordonne la tenue d’un nouveau procès, bien que l’un d’entre eux, Peter Greste, ait été déporté abruptement dans son pays d’origine entretemps.

Le verdict de M. Fahmy a déjà été reporté deux fois cet été puisque le juge responsable de l’affaire serait tombé malade. Cette fois-ci, cependant, ses avocats et d’autres intervenants bien au fait de la cause croient que le jugement tombera pour de bon.

Le verdict pourrait prendre de multiples issues. Les journalistes pourraient être acquittés, ils pourraient se faire créditer les 14 mois déjà passés en prison, ou se faire condamner avec sursis. Mais ils pourraient également retrouver le chemin de la prison.

Si M. Fahmy est renvoyé dans sa cellule, son avocate bien connue Amal Clooney, qui sera avec lui au Caire, réclamera immédiatement la grâce présidentielle et demandera à ce qu’il soit renvoyé Canada en vertu d’une loi égyptienne qui permet la déportation des étrangers reconnus coupables de crimes.

«Mon pire cauchemar serait de retourner dans cette cellule de prison et d’avoir à passer à travers ce processus émotionnel une fois de plus», a affirmé M. Fahmy.

Depuis sa dernière date de comparution, au début du mois d’août, M. Fahmy s’est consacré à militer pour la libération d’autres journalistes emprisonnés et à raconter son histoire sur des plateaux de télévision égyptiens.

Ironiquement, l’Égypte vient d’adopter de nouvelles lois hostiles aux journalistes, a rappelé M. Fahmy. Les mesures sanctionnées par le président plus tôt ce mois-ci imposent une définition plus large du terrorisme comme étant «tout geste qui trouble l’ordre public par la force».

De plus, les journalistes ne peuvent plus publier des nouvelles qui entrent en contradiction avec les déclarations officielles du gouvernement. Tout contrevenant pourrait se voir imposer une amende ou une peine de prison.

Selon M. Fahmy, ces nouvelles règles auront pour effet de placer encore davantage de journalistes dans une situation comme la sienne.

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