OTTAWA – Des Canadiens préféreraient que le Vérificateur général surveille aussi les comptes de dépenses des députés, plutôt que de laisser cette tâche aux élus eux-mêmes, si l’on en croit des courriels transmis par des citoyens au premier ministre Stephen Harper, en juin.

Les courriels, écrits la veille et le jour du dépôt du rapport du Vérificateur général sur les dépenses des sénateurs, donnent une petite idée des sentiments qui animaient les Canadiens pendant cette période trouble de la vie parlementaire canadienne.

Le rapport de vérification épinglait en particulier neuf sénateurs, dont les dossiers ont ensuite été confiés à la Gendarmerie royale du Canada; 21 autres sénateurs ont dû rembourser des milliers de dollars en réclamations de dépenses contestables.

«Notre Vérificateur général, qui n’a de comptes à rendre qu’aux contribuables, doit pouvoir examiner toutes les dépenses du gouvernement, afin de rétablir l’intégrité de notre gouvernement fédéral et de la Chambre des communes», écrit un citoyen de Nouvelle-Écosse. «Un parti politique qui milite en faveur d’un gouvernement transparent et honnête devrait avoir le courage d’inviter le Vérificateur général à examiner les dépenses de tous les députés.»

Un autre, qui joint un lien vers l’audit des 30 sénateurs, écrit: «Ne serait-ce pas bien? Approprié? Simplement juste? De disposer d’une telle liste pour nos députés fédéraux? Incluant le premier ministre et son cabinet?».

Les courriels ont été obtenus grâce à la Loi sur l’accès à l’information; l’identité des correspondants avait été caviardée.

Au moment du dépôt du rapport du Vérificateur général, le 9 juin, aussi bien les conservateurs, les néo-démocrates que les libéraux soutenaient l’idée de confier à ce bureau indépendant les comptes de dépenses des députés.

Dans les courriels, certains citoyens disaient souhaiter que cette question devienne un enjeu de la campagne électorale, mais le procès du sénateur Mike Duffy, accusé justement pour ses réclamations de dépenses, a fait plutôt dévier le débat vers le rôle présumé du premier ministre pour étouffer la controverse.

Concernant l’abolition du Sénat, un militant conservateur déplorait, en juin, que les conservateurs mettent tant l’accent sur cette «priorité», «alors que M. Harper a dirigé le pays au milieu d’un des plus importants ralentissements économiques — et nous en sommes sortis avec succès, devenant l’une des premières économies dans le monde».

Un autre citoyen écrit que les Canadiens sont prêts pour de «longs débats sur l’abolition du Sénat». Mais d’autres encore souhaitent que le premier ministre comble enfin les 22 sièges vacants à la chambre haute.

Stephen Harper refuse de procéder à ces nominations afin d’accentuer la pression sur les provinces pour qu’elles s’entendent sur une réforme du Sénat.

Un résident de Saskatchewan écrit même que s’il est nommé au Sénat, il promet de ne pas «voler, tromper ou abuser de ses privilèges». Un autre, de l’Alberta, écrit qu’il a «zéro expérience en politique» mais qu’il «fait tout avec la plus grande intégrité», et qu’il n’a «jamais perdu un seul emploi à cause de ses agissements».

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