SASKATOON — Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a dévoilé lundi de nouvelles mesures pour lutter contre la violence faite aux femmes autochtones — et plus fondamentalement contre le racisme qui aurait empêché jusqu’ici la tenue d’une enquête nationale sur ce drame humain.

Faisant campagne lundi à Saskatoon, dans une province qui affiche un des plus hauts taux de violence contre les femmes autochtones de tout le pays, M. Mulcair a promis qu’un gouvernement néo-démocrate rétablirait les liens entre Ottawa et les femmes des Premières Nations.

«Aujourd’hui, je dis à chaque mère, à chaque fille, à chaque soeur: il est temps que vous puissiez compter sur un premier ministre qui se soucie vraiment (de vous)», a lancé M. Mulcair.

Le chef néo-démocrate a promis de rétablir le Programme d’amélioration des maisons d’hébergement aboli par les conservateurs, afin que plus aucune femme autochtone ne soit refusée à un refuge parce qu’il n’y a plus de places. Il a noté qu’en avril 2014, en une nuit, 338 femmes et 201 enfants se sont frappés le nez à une porte close à cause du manque de place dans les maisons d’hébergement. Il s’est engagé à ce que cela ne se reproduise plus jamais si son parti est porté au pouvoir.

Thomas Mulcair a chiffré cette promesse à 10 millions $ par année pendant quatre ans. Le financement couvrirait la création ou l’entretien de 2100 places dans les maisons d’hébergement de «première étape», et de 350 places dans les maisons de transition pour les femmes et leurs enfants qui fuient un domicile conjugal violent.

Les conservateurs ont toutefois déclaré par la suite que le Programme d’amélioration des maisons d’hébergement n’a pas été aboli, même que son financement a plutôt été augmenté par le gouvernement fédéral.

M. Mulcair a aussi promis qu’un gouvernement néo-démocrate travaillerait de concert avec les groupes de femmes, les Premières Nations et les communautés pour élaborer un plan d’action national contre la violence faire aux femmes et aux filles autochtones, qui bénéficierait d’un soutien financier et de cibles quantifiables.

Le chef néo-démocrate a également réitéré sa promesse de mettre sur pied, dans les 100 premiers jours d’un gouvernement néo-démocrate, une commission royale d’enquête pour faire la lumière sur la disparition et l’assassinat de 1200 femmes autochtones ces dernières années.

«Notre engagement est clair: il y aurait une commission royale d’enquête sur les femmes autochtones tuées ou disparues, a-t-il réitéré. La population totale des Autochtones équivaut à peu près à la population d’Ottawa. Posez-vous la question suivante: si, dans la région d’Ottawa, il y avait eu 1200 femmes tuées ou disparues, est-ce que vous pensez qu’on aurait besoin des Nations unies pour demander une enquête? On l’aurait eue depuis longtemps.»

Selon M. Mulcair, une «attitude de racisme rampant» explique pourquoi cette enquête n’a pas encore été mise sur pied par les gouvernements précédents. «Les années ont passé, mais le changement n’est toujours pas arrivé. Trop peu de progrès ont été réalisés, trop de faux départs, trop de promesses vides depuis trop d’années», a-t-il estimé, en promettant de changer les mentalités.

En campagne à Ottawa, lundi, le premier ministre conservateur sortant, Stephen Harper, s’est défendu en rappelant que son gouvernement avait mis sur pied une série d’initiatives destinées à améliorer la sécurité des femmes autochtones, notamment en accordant plus de ressources aux policiers pour mener leurs enquêtes, et aux services sociaux pour prévenir la violence.

En janvier dernier, la Commission interaméricaine des droits de l’homme, un organe de l’Organisation des États américains, a publié un rapport dans lequel on estimait que les taux d’assassinats et de disparitions de femmes autochtones au Canada étaient quatre fois plus élevés que leur réelle représentation dans la population.

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