HALIFAX – L’ancien premier ministre Joe Clark croit que les autorités canadiennes peuvent surmonter les obstacles pour accélérer l’arrivée au pays de réfugiés syriens, de la même manière que son gouvernement a pu ramener en avion les réfugiés de la mer vietnamiens après être entré en fonction en 1979.

«Nous avons la capacité de faire plus… je crois que tout le monde reconnaît cela et nous avons une tradition de faire plus», a-t-il déclaré lors d’une entrevue téléphonique accordée de sa maison d’Ottawa.

Les fonctionnaires canadiens sont capables d’évaluer les possibles risques de sécurité parmi les réfugiés syriens, a dit M. Clark, comme ils l’ont fait lorsque son gouvernement a envoyé des équipes de responsables traiter des milliers de demandes faites par des Vietnamiens vivant dans des camps surpeuplés.

M. Clark a déclaré que son gouvernement avait étendu les politiques mises en place par un gouvernement libéral précédent pour venir en aide directement aux réfugiés d’Indochine qui avaient fui à bord d’embarcations de fortune après que les communistes eurent pris le contrôle d’Hanoï.

Il a souligné qu’à l’époque, son cabinet était inquiet que certains demandeurs d’asile puissent être d’anciens responsables communistes qui auraient pu représenter des risques pour le Canada, mais il a réalisé que les fonctionnaires étaient capables de faire le tri parmi les demandeurs.

«La possibilité que certains (des réfugiés syriens) ne soient pas qui ils prétendent être ne devrait pas du tout nous dissuader de procéder avec une stratégie très vigoureuse, visant à identifier les gens et à les amener ici rapidement», a ajouté M. Clark.

Avec des directives solides du cabinet fédéral, M. Clark soutient qu’il est possible d’envoyer des responsables canadiens dans des camps de réfugiés des Nations unies, où ils peuvent rencontrer directement les demandeurs du statut de réfugié et les interviewer.

«Nous avons une capacité extraordinaire d’accueillir des réfugiés», a ajouté l’ancien premier ministre.

M. Clark a dit espérer que la photo d’un bambin syrien, Alan Kurdi, dont le corps échoué a été retrouvé sur une plage turque cette semaine, mène à un mouvement similaire à celui qui a incité son gouvernement à aider 60 000 demandeurs de statut de réfugié en provenance d’Indochine.

Jusqu’à maintenant, le gouvernement fédéral a traité les demandes des Syriens par son système existant en coopération avec les agences des Nations unies qui s’occupent des camps de réfugiés de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Le ministre de l’Immigration, Chris Alexander, a déclaré que le Canada allait accueillir 10 000 réfugiés syriens au cours des trois prochaines années en réponse à un appel mondial du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de relocaliser quelque 100 000 réfugiés à travers le monde.

Le premier ministre Stephen Harper a aussi dit que le Canada devait poursuivre ses efforts militaires en fournissant des avions de chasse et des soldats des unités spéciales pour combattre le groupe armé État islamique (EI) et protéger les Kurdes syriens dans leurs territoires.

Mais Ron Atkey, qui était le ministre de l’Immigration de Joe Clark, souligne que les systèmes existants pour les Syriens n’égalent pas la réponse canadienne apportée lors de crises précédentes.

«Vous envoyez une demande à Ottawa et ils prennent un an pour la traiter. Ces gens sont dans des camps en Jordanie et en Turquie et ils ne vont peut-être pas passer à travers», a-t-il dit lors d’une entrevue téléphonique.

Selon M. Atkey, MM. Harper et Alexander doivent prendre en considération le fait que les Canadiens sont ouverts à nouveau à aider une population désespérée.

«Je crois que les Canadiens sont peut-être en train de lui (Harper) envoyer un message selon lequel nous pouvons faire plus… cela nécessite une réorientation de la politique.»

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