VICTORIAVILLE, Qc — La campagne que mène le candidat-vedette du Parti conservateur dans Richmond-Arthabaska, Alain Rayes, a une aura d’«étrangeté» et de «bizarrerie», suggère le lieutenant québécois néo-démocrate Alexandre Boulerice.

De passage à Victoriaville pour soutenir la candidate locale du Nouveau Parti démocratique (NPD), Myriam Beaulieu, il a dit entretenir certaines craintes dans la foulée de récentes révélations sur la campagne du maire de la ville.

«On va se dire les vraies affaires là. Il y a des choses qui font jaser le monde», a lâché M. Boulerice, qui a passé une partie de la semaine sur la route afin d’appuyer ses collègues candidats du Québec.

Dans une série d’articles parus au cours des derniers jours, le Huffington Post Québec a notamment rapporté que le scrutin dans la circonscription où se présente M. Rayes serait supervisé par son père, Raouf Rayes, qui occupe le poste de directeur adjoint du scrutin pour le comté.

Un autre texte qui a été publié mardi soir révélait que le directeur des communications d’Alain Rayes est un partenaire d’affaires d’un journaliste du quotidien La Tribune affecté à la couverture de la campagne électorale dans la région.

La cible des attaques balaie l’ensemble de ces critiques du revers de la main et accuse ses adversaires de se livrer à une campagne de salissage, le voyant se diriger tout droit vers une victoire dans Richmond-Arthabaska.

Il assure qu’il y a une indépendance totale entre les fonctions qu’occupe son père et sa campagne, et qu’à la limite, cette situation est fâcheuse puisque le père ne peut participer aux activités électorales du fils.

Sur la question de la proximité entre son directeur des communications et le journaliste de La Tribune, Alain Rayes plaide que dans une ville de la taille de la sienne, il est normal de se retrouver dans d’autres contextes.

«C’est ça, un petit milieu, et c’est comme ça que ça se passe», a dit M. Rayes en entrevue à La Presse Canadienne dans un restaurant du centre-ville quelques heures avant la sortie de M. Boulerice.

«L’objectif, c’est de rester intègre. (…) Je mets au défi quiconque de trouver une situation où j’ai pu prendre un avantage de ma situation comme maire ou dans une de mes implications», a-t-il enchaîné.

Le quotidien La Tribune a rompu ses liens avec le journaliste concerné en attendant les résultats d’une enquête interne qui a été déclenchée pour voir si ce dernier s’est retrouvé en situation de conflit d’intérêts, a indiqué le rédacteur en chef de la publication, Maurice Cloutier.

En plus de ces deux éléments, la question du plein salaire de maire que touche encore le candidat conservateur pendant qu’il fait campagne a été soulevée.

Tandis que le directeur des communications de M. Rayes indiquait, jeudi, que l’équipe considérait ce dossier clos, M. Boulerice insistait: le NPD a «un gros problème avec ça». Et selon la candidate Myriam Beaulieu, «il faut se rendre à l’évidence, ce sont des questions qui sont posées par les citoyens».

L’affaire fait en effet jaser à Victoriaville.

Selon la propriétaire d’un commerce du centre-ville, qui a requis l’anonymat par crainte que son entreprise ne subisse des représailles, la chose est difficilement justifiable. «Disons que ça tanne les gens», lâche-t-elle.

«C’est ce dont les gens parlent actuellement», a-t-elle expliqué à La Presse Canadienne, disant croire que ce facteur pourrait inciter des électeurs à sanctionner Alain Rayes au lieu de l’élire.

D’autres encore sont tiraillés.

Car le premier magistrat bénéficie d’un capital de sympathie considérable à Victoriaville — dans les rues de la municipalité, il peut difficilement faire deux pas sans se faire arrêter. Sur la rue Notre-Dame, les conducteurs ralentissent: «Salut Alain!».

Pas d’infraction à la loi

Le maire Rayes avait sollicité un avis juridique afin de s’assurer qu’il n’enfreignait pas la Loi sur la cités et villes. Rien dans la loi ne l’oblige à démissionner; et s’il avait choisi de quitter, une élection municipale aurait dû être déclenchée, ce qui aurait coûté environ 125 000 $ aux contribuables, a-t-il expliqué.

Un autre élu municipal qui a décidé de sauter dans l’arène fédérale pour le Parti libéral du Canada dans la circonscription de Mont-Royal, Anthony Housefather, dit avoir eu le même son de cloche.

«Il était important pour moi de vérifier auprès du greffier de la Ville avant le début de la campagne électorale si je pouvais refuser mon salaire de maire», a expliqué le maire de Côte-Saint-Luc dans une déclaration transmise par un porte-parole du Parti libéral, jeudi.

«Celui-ci m’est revenu en me donnant son opinion juridique. Il indiquait que je n’étais pas autorisé à renoncer à mon salaire», a indiqué M. Housefather.

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