SAINT-JÉROME, Qc – Les 12 jurés au second procès criminel de Guy Turcotte se sont fait relater par des policiers comment ils ont retrouvé ses deux enfants dans leurs lits, morts et le haut du corps couvert de plaies.

Le policier qui a mis l’accusé de 43 ans en état d’arrestation a déclaré qu’il était à ce moment conscient et «qu’il voulait qu’on le laisse tranquille».

Ce policier patrouilleur, Patrick Bigras, s’est remémoré cette journée, jeudi au palais de justice de Saint-Jérôme, alors qu’il témoignait au procès de l’ex-cardiologue accusé du meurtre prémédité d’Olivier, 5 ans, et d’Anne-Sophie, 3 ans. Les avocats de l’accusé ont d’ailleurs fait savoir jeudi qu’il admettait avoir causé la mort de ses deux enfants.

M. Bigras a été le premier sur les lieux du drame, le 20 février 2009.

«C’était bouleversant. Très bouleversant», a-t-il déclaré au sujet de cette journée.

Après avoir cassé une fenêtre pour pénétrer dans la maison située à Piedmont, il est monté à l’étage, et a rapidement vu du sang sur un cadre de porte.

Peu après, il trouvait Olivier, puis Anne-Sophie.

Les deux étaient allongés sur le dos, dans leur lit respectif, portant seulement des sous-vêtements sur le bas du corps. Il pouvait donc voir que leurs ventres et leurs abdomens étaient couverts de plaies.

Guy Turcotte a gardé la tête baissée et les yeux fermés pendant cette description.

«Les enfants étaient déjà rigides, pâles, froids, a relaté le policier. Le petit garçon, ses yeux étaient semi-ouverts».

Il dit avoir pris leur pouls et être retourné par la suite pour voir ce qui pouvait être fait pour les deux petits, avant d’en venir à la conclusion qu’ils étaient morts.

M. Bigras a dit avoir ensuite cherché le suspect, puisqu’il avait entendu du bruit provenant de l’étage quand il était entré dans la maison. Le bruit était compatible avec celui que fait une personne allongée sur son lit qui se jette brusquement à terre pour se cacher dessous, a-t-il expliqué.

Il a vérifié et y a trouvé Guy Turcotte, allongé sur le sol, immobile, les bras le long du corps, des vomissures au coin de la bouche.

Peu après, il a mis l’homme en état d’arrestation.

«Il semblait pas filer pantoute», a décrit le policier. «Il ne semblait pas tout être là», dira-t-il plus tard.

Il a admis lui avoir dit qu’il était un imbécile, sans le consigner dans son rapport. «Oui, je le sais», aurait répondu l’accusé, selon ce qu’a rapporté le policier.

M. Bigras a expliqué avoir répondu à un appel d’urgence ce jour-là de février après qu’une dame eut appelé, affirmant que son fils avait tenu des propos suicidaires la veille et qu’il ne répondait désormais plus.

Rendu sur les lieux, il a croisé les parents de Guy Turcotte à l’extérieur de la résidence. Sa mère a dit au policier que son fils était dépressif.

Les jurés se sont aussi fait exhiber jeudi les deux couteaux qui ont été saisis par la police sur les lieux.

Le plus long des deux, d’environ 32 centimètres, a été retrouvé à moitié dissimulé sous le corps d’Olivier, du sang sur la lame, et le second sur le bord du bain de la salle de bain adjacente à la chambre de l’accusé.

La Couronne a déclaré qu’elle entendait démontrer qu’Olivier a été poignardé à 27 reprises et Anne-Sophie, 19 fois.

Quant au sergent-enquêteur Sylvain Harvey, il a aussi décrit la chambre de Guy Turcotte, dont le lit montrait de nombreuses taches brunâtres, dont une coulait jusqu’au plancher, qu’il a décrites comme des vomissures. Il y en avait à d’autres endroits sur le plancher et le tapis, a-t-il expliqué, à l’aide de photographies prises sur la scène de crime.

L’avocat de l’accusé, Pierre Poupart, a semblé vouloir démontrer que les enquêteurs ont été négligents sur les lieux, omettant de faire des prélèvements pour analyses biologiques à plusieurs endroits.

Le premier ambulancier arrivé à la résidence a aussi témoigné de l’état de Guy Turcotte.

Bertrand Rochon a décrit que lorsqu’il est arrivé, l’accusé était assis contre un mur de sa chambre et qu’il avait des vomissures sur le torse. Ses yeux étaient fermés, la tête toujours penchée en avant, dans un état flasque et mou. Un état qu’il a appelé «conscience altérée».

Il répondait aux questions d’une voix faible mais audible. Ses réponses ne concordaient cependant pas toujours à ce qui lui avait été demandé.

Lorsqu’il lui a été demandé de s’identifier, l’accusé a répondu: «Isabelle Bolduc, 11-11-1968», a relaté l’ambulancier.

Le second procès de Guy Turcotte fait relâche vendredi et va se poursuivre lundi.

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