Amr Nabil Amr Nabil / The Associated Press

Mohamed Fahmy a la tête remplie de projets pour son avenir en tant qu’homme libre.

Tout juste relâché d’une prison du Caire, le journaliste canadien n’a de mots que pour parler de ses idées pour défendre la liberté de presse en Égypte.

M. Fahmy a expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne qu’il s’agissait d’un nouveau chapitre dans sa vie, comme une «deuxième naissance». Il dit avoir plusieurs idées qu’il veut concrétiser.

Lorsqu’il a été renvoyé en prison le mois dernier, M. Fahmy a commencé à rédiger ce qu’il appelle une charte des droits pour les journalistes en Égypte. Avant de quitter le pays pour rentrer au Canada dans quelques jours, il souhaite rencontrer le président Abdel-Fattah el-Sissi — qui lui a octroyé son pardon mercredi — pour lui présenter son document.

Le journaliste dit vouloir expliquer au président les enjeux auxquels les journalistes font face sur le terrain. Il promet de continuer à se battre pour «au moins obtenir des petites victoires» et ainsi améliorer la liberté de la presse.

La saga judiciaire de Mohamed Fahmy et de deux de ses collègues du réseau anglophone d’Al-Jazeera a attiré l’attention du monde entier. Arrêté en décembre 2013, le trio — qui a toujours clamé son innocence — a été accusé d’avoir soutenu les Frères musulmans, une organisation désormais interdite en Égypte, et d’avoir mis la sécurité nationale en péril avec ses reportages.

Au cours d’un premier procès en 2014, ils avaient écopé de peines allant de sept à dix ans de prison. Après avoir passé 400 jours derrière les barreaux, ils avaient été libérés en attendant de subir leur deuxième procès en août dernier. Ils avaient alors été condamnés à trois ans de réclusion.

Retourner en prison alors qu’il espérait être gracié a été très difficile, a reconnu M. Fahmy, mais pas autant que l’avait été sa peine initiale de sept ans de geôle.

«Tu réalises que ton corps et ton esprit ne sont pas prêts pour ça, peu importe ce que tu fais», a-t-il témoigné.

«Lorsque j’ai été condamné à trois ans de prison au deuxième procès, j’ai été très affecté et ça a été très difficile, mais j’étais mieux préparé mentalement et physiquement à me débrouiller en prison», poursuit-il.

Le pardon présidentiel qu’il a obtenu mercredi l’a pris par surprise.

M. Fahmy était dans sa cellule, avec la télévision ouverte, lorsqu’il a entendu son nom et ceux de ses collègues dans la liste des prisonniers graciés.

«On sautait de joie et on se serrait dans les bras, s’est-il rappelé. Des gardiens sont entrés et nous ont dit de préparer nos sacs, qu’on quittait la prison sur le champ. C’était surréel.»

Des policiers les ont alors conduits jusqu’à une école dans le sud de la ville.

«Ils nous ont laissés là avec nos habits de prisonniers, tout le monde nous regardait, on ne savait pas quoi faire jusqu’à ce que quelqu’un nous prenne en photo et publie le cliché sur Twitter et là, plein de journalistes sont arrivés», a-t-il relaté.

Au cours des prochains jours, M. Fahmy devra s’assurer que son interdiction de voyager est bel et bien levée pour qu’il puisse rentrer sans encombre au Canada. Il planifie s’arrêter à Toronto, où il a de nombreux sympathisants, ou encore à Montréal, où ses parents habitent. Il terminera sa route à Vancouver, où il devrait enseigner à l’école de journalisme de l’Université de la Colombie-Britannique et écrire un livre.

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