MONTRÉAL – En pleine tournée canadienne pour vendre son service controversé de taxi, le conseiller en chef de l’entreprise Uber, David Plouffe, a défendu l’existence du service UberX en disant qu’il donne des emplois flexibles et peut aider à résoudre les embouteillages dans les grandes villes.

L’ancien directeur de la campagne présidentielle de Barack Obama en 2008 s’est arrêté à Montréal, jeudi, après avoir visité Toronto et Vancouver.

M. Plouffe croit qu’UberX peut non seulement offrir un revenu supplémentaire, mais aussi constituer un emploi flexible pour les retraités, les étudiants ou les travailleurs qui ont besoin d’arrondir leurs fins de mois.

«Toutes les villes ont un gros problème avec la stagnation des salaires, et toutes les villes ont des défis de mobilité», a-t-il exposé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Uber a provoqué une commotion dans l’industrie du taxi, qui affirme avoir connu des pertes avec l’arrivée du concurrent qui n’a pas de permis de taxi et offre de meilleurs prix.

Or, David Plouffe assure qu’Uber n’est pas en compétition pour obtenir une petite part du marché du taxi, mais il tente plutôt de développer un marché en soi qui serait une solution de rechange aux voitures privées et aux transports en commun. Ce nouveau marché, selon lui, permettra d’améliorer les services dans les municipalités.

«À chaque endroit où le covoiturage a prospéré, le marché a grandi», a-t-il soutenu.

Selon lui, grâce à UberX et UberPool, un service de partage d’automobile, il devient pratique pour les propriétaires de se défaire de leur véhicule, ce qui allège la congestion et diminue la nécessité d’investissements coûteux pour améliorer les routes et le transport en commun.

Aux États-Unis, a poursuivi David Plouffe, huit pour cent des clients d’Uber choisissent de ne pas acheter de voiture, et c’est ainsi que pense la génération Y.

UberX, qui permet à des automobilistes d’utiliser leur propre automobile pour s’improviser taxi, est utilisé dans 25 municipalités au Canada.

À Montréal, avec seulement 3000 conducteurs, dont la moitié travaille moins de dix heures par semaine, son marché est sous-développé, selon M. Plouffe. À Toronto, ils sont 16 000 conducteurs, et presque trois fois plus à Los Angeles.

Uber a reçu, tout comme dans plusieurs autres villes partout dans le monde, un accueil tiède. Le mois dernier, plusieurs centaines de chauffeurs de taxi ont manifesté à Montréal et à Québec en demandant au gouvernement provincial d’interdire le service. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a indiqué qu’il était ouvert à l’idée de légaliser le service, mais son ministre des Transports Robert Poëti et le maire de Montréal Denis Coderre considèrent le service comme étant illégal.

Un porte-parole de l’industrie du taxi affirme qu’il n’est pas prêt à laisser une industrie parallèle venir prendre l’argent des chauffeurs de taxi qui ont payé d’importants frais pour leur permis.

«Si le gouvernement du Québec décide d’aller de l’avant et de légiférer sur Uber, il va devoir compenser l’industrie», a fait valoir Benoit Jugand, du syndicat représentant environ 5000 chauffeurs de taxi dans la province.

«Soit on joue tous sur le même terrain, soit on crée deux industries et ça, ça ne fonctionnera assurément pas.»

M. Plouffe a indiqué qu’Uber ne s’opposait pas à être réglementé. Il a souligné que différentes façons de faire ont été adoptées ailleurs dans le monde qui savent conserver les éléments au coeur de ce système.

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