OTTAWA — Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a écrit une lettre ouverte aux fonctionnaires fédéraux alors que sa formation politique et le Nouveau Parti démocratique (NPD) se battent pour gagner le vote des employés gouvernementaux dans plusieurs circonscriptions, dont celle d’Ottawa Centre.

Les libéraux tentent de profiter de la bataille souvent violente que se livrent la bureaucratie et les conservateurs sur la place publique.

Ces tensions ont donné lieu à plusieurs attaques menées par des syndicats de la fonction publique durant la campagne.

En juillet, l’Alliance de la fonction publique du Canada avait annoncé qu’elle dépenserait 2,7 millions $ pour une campagne de publicité dénonçant les importantes compressions budgétaires imposées par le gouvernement Harper aux ministères.

Le syndicat a également lancé une contestation constitutionnelle du projet de loi C-59 devant les tribunaux, soutenant que la législation donne au gouvernement le pouvoir d’amender des dispositions des conventions collectives de ses employés sans négociation.

Dans sa missive publiée vendredi, M. Trudeau promet de négocier de bonne foi avec les syndicats de la fonction publique et de travailler en partenariat avec eux.

«Le gouvernement n’a jamais eu si peu de respect et de confiance envers les fonctionnaires, et je tiens à profiter de cette occasion pour vous assurer que la vision que je me fais de notre fonction publique diffère fondamentalement de celle de Stephen Harper», écrit-il.

Le Parti libéral a intensifié son message à l’intention des fonctionnaires dans le cadre d’une campagne agressive menée dans des circonscriptions comme celle d’Ottawa Centre, détenue par le candidat néo-démocrate Paul Dewar depuis 2006.

La candidate libérale Catherine McKenna a révélé que son équipe et elle avaient cogné à plus de 70 000 portes en vue du scrutin du 19 octobre.

«J’estime que mon rôle est de rencontrer le plus de résidants d’Ottawa Centre possible, de prendre note de leurs inquiétudes et de défendre leurs intérêts devant le Parlement», a-t-elle déclaré en conférence de presse, vendredi.

M. Dewar a reconnu que le sort de la fonction publique était le principal enjeu de la campagne dans sa circonscription, où vivent bon nombre d’employés du gouvernement fédéral.

«Ils veulent être certains d’avoir un employeur, un gouvernement qui va valoriser le travail accompli par la fonction publique et rétablir le lien de confiance, a-t-il expliqué. Nous savons que cela se prépare depuis des années en raison de la façon dont les conservateurs ont placé les fonctionnaires dans une position délicate. Parfois, ils ne sont pas consultés, parfois leurs conseils sont complètement ignorés.»

Paul Dewar a exprimé de l’inquiétude en ce qui a trait à l’approche qu’adopteront les libéraux par rapport à la fonction publique, eux qui ont considérablement réduit les effectifs gouvernementaux à la fin des années 1990.

Il a aussi rappelé que le Parti libéral avait manifesté son désir de simplifier l’administration du ministère de la Défense et des Forces armées canadiennes durant la campagne. La formation politique n’a toujours pas précisé l’impact de cette mesure sur les fonctionnaires. Vendredi, elle n’a pas répondu aux demandes de clarification de La Presse Canadienne.

De leur côté, les conservateurs ont fait la promotion de leur projet d’implanter des «mesures d’économie» pour la fonction publique, affirmant que le gouvernement fédéral permettrait aux contribuables d’épargner 19 milliards $ pour 2015-2016 et les prochaines années.

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