MONTRÉAL — Le gouvernement conservateur sortant n’a pas que les partis d’opposition à affronter dans la présente campagne électorale, mais aussi des organisations externes, dont celle représentant sa propre fonction publique.

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui représente quelque 180 000 employés de l’État fédéral, a lancé lundi la phase deux de sa campagne «Stoppons l’hémorragie», qui pourrait tout aussi bien être intitulée «Votez pour n’importe qui sauf les conservateurs».

L’objectif du plus important syndicat de la fonction publique canadienne est d’ailleurs clair: dénoncer les compressions des conservateurs et la réduction des services qui en découle et inviter les citoyens à voter pour mettre un terme à de telles politiques, à commencer par ses membres, à qui l’on conseille le vote stratégique.

«On demande spécifiquement à nos membres de vraiment surveiller ce qui se passe dans leur comté, de vraiment étudier les positions des partis et de voir quel parti est le mieux placé pour défaire les conservateurs», a reconnu sans détour le vice-président directeur de l’AFPC pour la capitale nationale, Larry Rousseau, en entrevue avec La Presse Canadienne.

La campagne est une offensive multiple de vidéos, de publicités pour la radio et la télévision et d’affiches dénonçant principalement le travail du gouvernement Harper dans six domaines, soit l’environnement, l’assurance-emploi, la sécurité des aliments, la sécurité frontalière, les services aux vétérans ainsi que la recherche et sauvetage.

Selon M. Rousseau, même si les contribuables ont rarement de sympathies pour les fonctionnaires, ils n’en comprennent pas moins l’importance de ces enjeux dans leur quotidien.

«Ils sont très au courant, par exemple, que l’inspection des aliments ou l’inspection environnementale, ça prend du monde, des ressources», a-t-il dit.

La question, selon lui, est encore plus évidente en matière d’assurance-emploi.

«Quand le système d’assurance-emploi n’est plus capable d’aider, de former les gens, de les soutenir financièrement en attendant de revenir au travail, les citoyens savent très bien ce que ça veut dire les coupes dans les programmes», a-t-il indiqué.

Les vidéos présentent une feuille d’érable qui se vide de son sang, avec le rouge de la feuille qui s’écoule goutte à goutte, alors que la capsule radio utilise le son de la scie à chaîne pour illustrer «les coupes à blanc» dans les services.

«Ce n’est plus le Canada qu’on a connu il y a 20 ans, il y a 30 ans, a dit le syndicaliste. M. Harper nous a amenés là et je crois que les Canadiens sont plus sensibilisés à la direction que prend le pays.»

Larry Rousseau ne peut s’empêcher de déplorer au passage la direction qu’a prise l’actuelle campagne, notamment sur la question du niqab.

«Avec le petit nombre de personnes qui portent le niqab, ce n’est pas un grand enjeu. (…) Malheureusement, c’est devenu un enjeu politique qui obscurcit les autres dossiers, c’est de la distraction et ça vient détourner le regard des vrais enjeux.»

L’Alliance avait voté un budget de 5 millions $ pour sa campagne anti-Harper au printemps dernier, mais n’a eu le temps que d’en dépenser la moitié avant le déclenchement hâtif des élections.

Depuis que la campagne est en cours, le syndicat est soumis aux règles de dépenses électorales imposées aux tiers, c’est-à-dire ceux qui font campagne mais qui ne sont pas des partis ou des candidats.

«Il faut que le tiers soit inscrit auprès du Directeur général des élections, ce qui est le cas pour l’Alliance de la fonction publique, et qu’il comptabilise ses dépenses à la fin de la campagne. Ce sont les deux exigences de la loi électorale», a précisé la porte-parole d’Élections Canada, Francine Bastien.

La limite imposée aux tiers en campagne est d’un peu moins de 440 000 $ et l’Alliance s’attend à atteindre les 400 000 $ aisément avant la fin de la campagne.

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