OTTAWA — La réputation internationale du Canada a été «mise à mal» dans de nombreux domaines, constatent des cadres du ministère des Affaires étrangères.

La Presse Canadienne a obtenu une note d’information marquée comme «secrète» dans laquelle des cadres du ministère exhortent leur prochain patron politique à apporter des changements substantiels aux politiques étrangères mises de l’avant par le gouvernement conservateur.

Les auteurs de la note écrivent notamment que la réduction de l’aide financière dans les domaines de la gouvernance, de la viabilité économique et de l’égalité des sexes, a entraîné des conséquences. «Cela a porté atteinte à la réputation du Canada comme chef de file sur ces enjeux et a limité l’impact et la capacité de nos politiques de coopération.»

Ils recommandent que le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement (MAECD) joue un rôle plus actif dans la promotion de la lutte contre les changements climatiques en finançant des programmes dans les domaines de l’environnement, de la mise au point de techniques propres et de l’agriculture durable. «Alors que les engagements multilatéraux sur les changements climatiques sont de la responsabilité ultime d’Environnement Canada, le MAECD doit encourager le prochain gouvernement à assigner des ressources à cette fin.»

La fuite survient au lendemain d’un débat entre les trois principaux chefs fédéraux sur la politique étrangère au cours duquel Stephen Harper a fait l’objet de vives critiques de ses adversaires pour le rôle que compte jouer le Canada au prochain sommet sur les changements climatiques, à Paris.

Le document fait aussi remarquer que le Canada «compte plusieurs entreprises conscientes de l’environnement et possède une expertise significative dans la gestion des ressources naturelles».

Les auteurs de la note rappellent que le Canada a déjà été un chef de file mondial dans la mise sur pied de programmes visant à encourager la liberté, la démocratie et l’établissement d’institutions publiques respectant les droits humains et les règles du droit. «Le Canada a aussi été reconnu comme un leader à l’échelle internationale en intégrant la question de l’égalité des sexes dans (ses) programmes de coopérations», ajoutent-ils.

Ils déplorent que le Canada mette moins l’accent sur ces facteurs. Selon eux, les politiques actuelles canadiennes sont «irrégulières» et manquent «d’engagements systématiques dans ces domaines dans les pays en voie de développement».

De 2008-2009 à 2014-2015, le financement de programmes favorisant la gouvernance a chuté de 40 pour cent. Ce déclin atteint 54 pour cent au chapitre des programmes encourageant la viabilité économique.

En conséquence, disent les auteurs de la note, le Canada est moins apte à exercer une influence à l’occasion des prochaines négociations sur le développement durable.

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