AJAX, Ont. — Les conservateurs ont promis vendredi de créer une ligne téléphonique à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) où les Canadiens pourraient dénoncer des «incidents culturels barbares».

Puisque le chef conservateur Stephen Harper n’avait pas d’événement public prévu vendredi avant le dernier débat de la campagne, ce sont les ministres sortants Chris Alexander et Jason Kenney qui se sont chargés de faire les annonces de la journée.

Le ministre de la Citoyenneté, M. Alexander, accompagné de la candidate conservatrice Kellie Leitch, a annoncé des mesures que prendraient les conservateurs pour combattre les «pratiques culturelles barbares».

À Ajax, en Ontario, M. Alexander a détaillé un plan de 12 millions $ sur quatre ans pour prévenir les mariages forcés et prématurés en zone de guerre, établir une ligne téléphonique pour dénoncer des «pratiques culturelles barbares au Canada» et créer des unités intégrées à la GRC pour appliquer la Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares. Cette loi interdit notamment à quiconque de moins de 16 ans de se marier et empêche toute personne impliquée dans une relation polygame d’immigrer au Canada.

Selon M. Alexander, son parti protège les valeurs canadiennes en empêchant les mariages forcés de femmes et de filles et en voulant interdire le port du niqab dans les cérémonies de citoyenneté.

L’enjeu du niqab a pris beaucoup de place durant la campagne — trop selon certains, dont la coporte-parole de Québec solidaire Françoise David, qui a déposé une motion à l’Assemblée nationale contre l’islamophobie.

À Halifax vendredi, le candidat conservateur et ministre de la Défense sortant Jason Kenney a nié qu’il y ait un lien entre la position conservatrice sur le niqab et un incident survenu dans l’arrondissement Anjou, à Montréal, cette semaine. Deux adolescents ont empoigné le hijab d’une femme qui marchait sur la rue, ce qui l’a fait tomber par terre.

«Je pense que c’est ridicule de lier la nature publique du serment de citoyenneté dans un tribunal et la criminalité dans nos rues», a-t-il déclaré.

M. Kenney a par ailleurs rejeté les critiques du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Parti libéral du Canada (PLC) qui l’ont accusé de diviser les Canadiens en exploitant l’enjeu du port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté.

Selon lui, c’est une «courtoisie élémentaire» que d’enlever ce voile lorsque les nouveaux citoyens prêtent serment à leur pays d’accueil.

Pas d’autre critère pour révoquer la citoyenneté

De plus, le ministre sortant a assuré que les conservateurs ne présenteraient pas d’autres critères pour révoquer la citoyenneté de certains Canadiens détenant une double nationalité. «Nous ne poursuivrons pas d’autres démarches juridiques ou réglementaires pour la révocation de la citoyenneté», a-t-il affirmé.

Lors d’un entretien à la radio ontarienne AM980, jeudi, le chef conservateur Stephen Harper a affirmé que son gouvernement pourrait «considérer d’autres options» pour révoquer la citoyenneté d’autres criminels, tels que les meurtriers en série.

En vertu de la loi, le gouvernement peut retirer la citoyenneté d’un Canadien qui détient une double nationalité si ce dernier a été reconnu coupable d’un crime de nature terroriste. Les partis de l’opposition à Ottawa ont fustigé ces mesures, qui créeraient «deux classes» de citoyens.

Le ministre de la Défense sortant s’est également dit perplexe face aux propos de l’ancien premier ministre Jean Chrétien, qui voit d’un bon oeil l’implication militaire de la Russie contre le groupe armé État islamique en Syrie.

«Vladimir Poutine poursuit ses propres intérêts. Il n’aide pas, et ce n’est pas un allié. Je crois que c’est étrange que le Parti libéral perçoive Vladimir Poutine comme un allié. C’est un homme dont les adversaires politiques ont été assassinés et qui a envahi les pays voisins», a lancé M. Kenney.

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