Graham Hughes / La Presse canadienne Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe

MONTRÉAL — Alors que les négociations du Partenariat transpacifique (PTP) pourraient aboutir dès samedi, le chef bloquiste Gilles Duceppe n’est guère rassuré sur la protection intégrale de la gestion de l’offre.

Au terme de la dernière joute oratoire de la campagne électorale, vendredi soir, M. Duceppe a souligné que le chef conservateur Stephen Harper n’avait pas assuré que le système régissant la production de lait, d’oeufs et de volaille serait préservé dans son intégralité.

«Je suis inquiet, a dit M. Duceppe, en point de presse. On nous répète que c’est un grand marché. On n’a pas entendu qu’il (M. Harper) voulait garder intacte la gestion de l’offre.»

À chaque fois que le chef du Bloc québécois a questionné son rival conservateur sur la protection intégrale de la gestion de l’offre, ce dernier s’est limité à dire que ce système serait maintenu.

L’accord de libre-échange du PTP permettrait aux exportateurs canadiens de boeuf, porc, canola, céréales, machinerie, appareils médicaux, minerai, fruits de mer, aéronautique et autres produits d’avoir un plus grand accès sans frais dans 11 pays, dont le Japon, le Vietnam, le Pérou et l’Australie.

Ces pays cognent maintenant à la porte du Canada, lui demandant une meilleure présence dans deux domaines qui ont toujours été créateurs d’emplois: la production laitière et l’industrie automobile.

Pour le lait et le fromage, les exportateurs étrangers veulent entre autres plus que le mince 10 pour cent auquel ils ont présentement droit sur les tablettes des épiceries canadiennes.

«Je ne peux pas comprendre que la gestion de l’offre soit sur la table alors que les généreuses subventions aux fermiers américains et japonais (…) ne le soient pas», a déploré le chef bloquiste.

Advenant un dénouement positif pour le système de la gestion de l’offre, M. Duceppe a affirmé qu’il serait parmi les premiers à se réjouir, ajoutant qu’il ferait campagne sur d’autres dossiers d’ici le 19 octobre.

«Ça serait le comble de dire que ce n’est pas bon, a-t-il affirmé. On prouverait que nous les avons forcés à respecter (la gestion de l’offre).»

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