Graham Hughes / La Presse Canadienne Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe

SAINTE-THÉRÈSE, Qc — Signe que le Parti libéral du Canada (PLC) occupe la première place dans plusieurs sondages, le chef bloquiste Gilles Duceppe a ajusté son discours mercredi en braquant ses critiques à l’endroit de son rival Justin Trudeau.

En point de presse devant des militants réunis à Sainte-Thérèse, dans les Laurentides, M. Duceppe s’est surtout affairé à décrire le chef du PLC comme quelqu’un qui est loin des valeurs québécoises.

«Il est pour le visage couvert lors du vote, de l’assermentation ainsi que dans les services publics (offerts par l’État), a-t-il dit, dans le local électoral de son candidat Alain Marginean. Il pige dans la caisse d’assurance emploi et ne parle pas de rétablir les transferts en santé.»

À cinq jours du vote, il s’agit d’un changement de stratégie pour le chef du Bloc québécois, qui, depuis le début de la campagne électorale, s’en prenait au chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, dont le parti a glissé dans les intentions de vote au fil du marathon électoral.

Devant la perspective de plus en plus probable d’un gouvernement minoritaire, M. Duceppe a de nouveau demandé aux électeurs de se rallier derrière son parti le 19 octobre.

«C’est pour cela que ça nous prend un Bloc fort, pour que lorsque vient le temps des négociations, ces partis comprennent mieux la réalité quand vient le temps d’exercer le pouvoir», a lancé le chef bloquiste.

M. Duceppe a par ailleurs tourné en dérision l’invitation formulée la veille par M. Trudeau, qui a enjoint les Québécois à se «réengager au gouvernement canadien» et à «faire partie d’un gouvernement fort» à Ottawa.

Dans le passé, a-t-il rappelé, une forte délégation de Québécois au sein d’un gouvernement fédéral majoritaire n’a pas empêché ceux-ci de voter en faveur de décisions qui vont à l’encontre des intérêts de la province.

«C’est arrivé plus d’une fois. (…) M. Trudeau ne se rappelle peut-être pas qu’il y a déjà eu 74 (députés) sur 75 (au Québec) qui étaient au gouvernement sous Pierre Elliott Trudeau quand ils ont imposé une constitution sans référendum contre l’avis presque unanime de l’Assemblée nationale», a dit M. Duceppe.

Le chef bloquiste a également rappelé que plusieurs députés québécois au sein du gouvernement libéral de Jean Chrétien avaient «bafoué» la loi référendaire de 1995 dans le cadre du «love in», qui ne figurait pas dans les dépenses du camp du «Non» puisque le fédéral n’était pas soumis aux règles québécoises.

«Il y avait beaucoup de Québécois au gouvernement libéral quand il y a eu le scandale des commandites», a également souligné M. Duceppe, ajoutant que M. Trudeau s’était déjà prononcé dans le passé contre la reconnaissance de la nation québécoise.

«Il (M. Trudeau) les invite (les Québécois), on va voir ce qu’il y a derrière l’invitation», a-t-il ironisé.

Celui-ci a par ailleurs dressé une liste d’initiatives qui seront déployées par le Bloc québécois lors de la prochaine session parlementaire, sans aller jusqu’à dire qu’il s’agissait de conditions pour appuyer un éventuel gouvernement minoritaire.

La formation souverainiste demande entre autres le rétablissement des transferts fédéraux en santé, une caisse autonome d’assurance emploi, des prestations non imposables pour les enfants, un plan d’infrastructures vertes ainsi qu’un projet de loi pour que les relations de l’État avec les citoyens se fassent à visage découvert.

De plus, sans une pleine compensation financière pour les agriculteurs régis par le système de la gestion de l’offre, le Bloc votera contre un projet de loi de mise en oeuvre du Partenariat transpacifique ainsi que de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, a prévenu M. Duceppe.

À l’instar de ses adversaires, M. Duceppe a un horaire chargé à moins d’une semaine du vote. Après une journée de huit arrêts ce mercredi, le chef bloquiste effectuera une deuxième tournée provinciale à compter de vendredi.

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