Jonathan Hayward / La Presse Canadienne Stephen Harper

BRANTFORD, Ont. — Ses opposants l’accusent de jouer la carte de la peur, mais Stephen Harper affirme que ce qu’il essaie de faire en attirant l’attention sur son interprétation de la plateforme électorale des libéraux est plutôt de présenter des faits à la population.

Les conservateurs ont été vivement critiqués cette semaine en raison d’une série de coups d’éclat qui, selon leurs adversaires, ont été conçus pour faire oublier leur propre bilan. Cela comprend notamment des annonces publiées dans les médias de certaines communautés culturelles soutenant que Justin Trudeau ouvrirait des bordels dans leurs quartiers et des déclarations répétées selon lesquelles le leader libéral avait l’intention de supprimer le fractionnement du revenu pour les aînés.

Les annonces et l’événement organisé par la campagne conservatrice mercredi, dont le but était de souligner l’impact potentiel d’un gouvernement libéral sur le portefeuille d’un couple âgé, sont tout ce que les électeurs ont besoin de savoir au sujet des conséquences du vote de lundi, a indiqué M. Harper à Brantford, en Ontario.

«Je pense que le choix auquel sont confrontés les Canadiens est un choix sérieux entre deux avenues très différentes pour le pays, a-t-il déclaré. Les autres nous accuseront de vouloir effrayer l’électorat alors que tout ce que nous tentons de faire, c’est d’attirer l’attention sur des faits, des faits dont ils n’ont pas vraiment envie de parler. Vous savez, ils utilisent trois ou quatre slogans pour leur campagne. Je pense qu’à l’approche du scrutin, il est temps que les Canadiens jettent un coup d’oeil à leur plateforme.»

Les libéraux ont reproché aux conservateurs de jouer avec ces faits. Leur plateforme ne comporte en effet aucun engagement concernant la création de maisons closes et, contrairement à ce que Stephen Harper a martelé mercredi, ils n’ont pas nécessairement prévu d’abolir le fractionnement du revenu pour les aînés.

La première assertion s’appuie sur le fait que les libéraux ont voté contre un projet de loi conservateur criminalisant l’achat de services sexuels, adopté après que la Cour suprême eut décrété que l’ancienne législation dans ce domaine allait à l’encontre de la Charte des droits et des libertés.

Puisque l’absence d’une nouvelle loi après ce jugement aurait automatiquement entraîné la légalisation de la prostitution, et parce que M. Trudeau n’a pas proposé son propre projet de loi sur la question, les conservateurs estiment qu’il est d’accord pour légaliser le commerce du sexe.

Quant au fractionnement du revenu pour les personnes âgées, le leader libéral a répété à plusieurs reprises qu’il ne figurait pas parmi les politiques conservatrices qu’un gouvernement libéral pourrait éliminer.

Les conservateurs ont expliqué que cette assertion découlait, entre autres, de l’opposition du Parti libéral à cette mesure lorsqu’elle a été proposée en 2007. La politique faisait partie d’un vaste projet de loi omnibus de mise en oeuvre du budget rejeté en bloc par les libéraux.

«Stephen Harper tente désespérément de détourner l’attention de ses 10 années de règne désastreux, ont écrit les libéraux dans un communiqué. Voilà pourquoi il cherche à créer un sentiment de crainte et à répandre des faussetés sur le plan du Parti libéral.»

Parmi les autres intentions prêtées aux libéraux par M. Harper se trouve la légalisation de la marijuana, à laquelle les conservateurs sont farouchement opposés. Ce qui a poussé certains observateurs à se poser des questions concernant la présence de l’ancien maire de Toronto Rob Ford, qui a admis avoir consommé du crack lorsqu’il était à la tête de la ville, et de son frère Doug Ford, un conseiller municipal torontois ayant avoué avoir fumé du pot, à de récents événements du Parti conservateur.

Mercredi, Stephen Harper n’a pas voulu se prononcer sur cet apparent paradoxe. «Je crois que notre position en ce qui a trait à ces enjeux est connue et ces individus sont des partisans de longue date de notre parti.»

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!