MASCOUCHE, Qc — La controverse entourant la démission du coprésident de la campagne du Parti libéral du Canada (PLC) rappelle aux électeurs que ce parti a encore des devoirs à faire en matière d’éthique, croit le chef bloquiste Gilles Duceppe.

Alors que les chefs des principaux partis faisaient campagne au Québec, jeudi, M. Duceppe a qualifié de «promiscuité malsaine» les relations entre les libéraux fédéraux et TransCanada, la société derrière le projet d’oléoduc Énergie Est.

«On nous rit en pleine face. L’éthique, au PLC, ce n’est pas leur fort», a affirmé M. Duceppe, lors d’un point de presse à Mascouche, en réaction à la démission la veille de Dan Gagnier.

D’après un courriel obtenu par La Presse Canadienne, celui-ci a offert à l’entreprise albertaine des conseils sur la façon d’approcher un nouveau gouvernement — incluant un libéral minoritaire— qui serait élu le 19 octobre.

Également critiqué par les conservateurs et néo-démocrates, le chef du PLC tente depuis de mettre le couvercle sur la marmite en assurant que M. Gagnier serait écarté de son cercle, et ce, pour l’«avenir à long terme».

Toutefois, croit M. Duceppe, cette controverse illustre plutôt une culture qui, malgré les années, est demeurée la même chez les libéraux fédéraux.

«Si M. Trudeau a moindrement d’éthique, qu’il s’engage à ce que le PLC remette les 40 millions $ lors du scandale des commandites», a cité en exemple le chef bloquiste.

«Il pourrait aussi commencer par payer ses impôts au Québec, a-t-il également ironisé. Ça serait intéressant pour un chef de parti qui se présente au Québec mais qui paie ses impôts en Ontario.»

Dans le parc ayant été le théâtre d’une manifestation contre Énergie Est le 26 septembre dernier, M. Duceppe a mis au défi M. Trudeau de rencontrer les maires de municipalités comme Mascouche et Laval, directement concernées par le tracé proposé de l’oléoduc.

À la veille d’une deuxième tournée provinciale en autant de semaines, M. Duceppe, qui voit de plus en plus les libéraux au pouvoir, a disqualifié le Nouveau Parti démocratique, qui n’est «plus pertinent» pour constituer une véritable opposition.

En recul dans les sondages, les néo-démocrates, selon le chef bloquiste, ne sont pas mesure de défendre les intérêts de la province puisque la formation politique a la même position que le PLC sur le vote à visage couvert ainsi que le prélèvement de montants dans la caisse d’assurance emploi, notamment.

«Quand le Parti libéral choisit le Canada au lieu du Québec, le NPD ne s’oppose pas, il applaudit», a-t-il lancé.

Cette sortie survient alors que le Bloc québécois visitait jeudi les circonscriptions de Montcalm (Mascouche), Pointe-de-l’île (Montréal), Laurier-Sainte-Marie (Montréal), Rivière-du-Nord (Saint-Jérôme) et Argenteuil (Lachute), remportées par le parti de Thomas Mulcair aux élections de 2011.

À quelques jours du vote, M. Duceppe, dans ses rencontres sur le terrain, enjoint ses militants à convaincre les indécis ainsi que les électeurs ayant déserté la formation souverainiste aux dernières élections.

«Ça se passe très bien sur le terrain, a relaté le président du Bloc et candidat dans Pointe-de-l’île, Mario Beaulieu, au cours d’une mêlée de presse. Les gens viennent de plus en plus à notre rencontre. Ils s’aperçoivent que le NPD n’est pas l’alternative au gouvernement Harper.»

D’après lui, plusieurs électeurs indécis constatent que le PLC est actuellement en avance dans les sondages et ne veulent pas voter pour M. Trudeau, ce qui les incite à revenir au Bloc québécois.

Le chef bloquiste ne s’est par ailleurs par formalisé de l’offensive québécoise de ses rivaux, qui se trouvaient tous dans la province jeudi.

À son avis, cela démontre que ces derniers se sentent menacés.

«Ils n’ont pas grand-chose (en commun) avec le vrai monde, a dit M. Duceppe. Sur la plupart des grands enjeux, comme Énergie Est ou le vote à visage couvert, ils sont en rupture avec le Québec.»

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