Jonathan Hayward / La Presse Canadienne Stephen Harper

TROIS-RIVIÈRES, Qc — Stephen Harper demande aux électeurs de ne pas être tentés «d’essayer» le Parti libéral ou le Nouveau Parti démocratique.

«Ne vous faites pas d’illusions; ces deux partis ne sont pas fraîchement tombés du ciel», a déclaré le chef conservateur devant un auditoire partisan gonflé à bloc à Trois-Rivières, jeudi.

Invoquant le passé des deux formations, il a mis en relief ce qu’il a appelé «une longue période de déficits incontrôlables qui a duré presque 30 ans» de divers gouvernements libéraux et rappelé le scandale des commandites, «un des pires exemples de détournement de fonds publics dans l’histoire moderne».

Quant au NPD, il lui a reproché d’avoir «semé la désolation et le découragement» dans ses mandats provinciaux en Colombie-Britannique et en Ontario, notamment, pour conclure que «le NPD, c’est des promesses en l’air et des économies à terre».

Stephen Harper fait campagne au Québec jeudi et vendredi, où les sondages démontrent un fractionnement des intentions de vote entre les quatre principaux partis qui lui laisse entrevoir de possibles percées, bien qu’il n’ait pas même mentionné le Bloc québécois qui montre pourtant un regain de vie.

«C’est une élection serrée», a-t-il reconnu en réaction aux propos de son adversaire libéral Justin Trudeau, qui demandait la veille à la population de lui accorder une majorité.

«Moi et notre parti, nous ne prenons jamais des électeurs comme acquis», a simplement répliqué M. Harper.

Celui-ci s’est toutefois montré très prudent en réagissant à la démission du coprésident du comité de campagne nationale de Justin Trudeau, Daniel Gagnier, après qu’il eut été révélé par La Presse Canadienne que M. Gagnier avait conseillé TransCanada sur des méthodes de lobbyisme à adopter en faveur du projet d’oléoduc Énergie Est suivant l’élection du prochain gouvernement.

«La culture du Parti libéral n’a pas changé. Cette culture ne va jamais changer», s’est-il borné à dire dans ce qui s’est avéré être sa réponse la plus courte à la question visant cette intrusion de l’industrie pétrolière dans la campagne.

Ke-tching

M. Harper avait apporté le bruit de sa caisse enregistreuse à Trois-Rivières.

La centaine de militants conservateurs s’est amusée ferme lorsque le chef conservateur a invité un ingénieur, père de famille, à déposer des billets de 10 $, de 20 $ et de 50 $ sur la table pour démontrer ce qu’il perdrait si les libéraux étaient élus et éliminaient des politiques fiscales existantes de son gouvernement.

Parmi ces calculs, le fractionnement du revenu, particulièrement utile à cet ingénieur et son épouse qui a été présentée par M. Harper comme une mère de quatre enfants «qui reste à la maison», ce qui lui a valu des applaudissements nourris et un «bravo».

À chaque dépôt de liasses d’argent sur la table, retentissait un «ke-tching», repris par plusieurs dans la petite foule.

Contrairement aux trois jours précédents, le chef conservateur ne s’en est pas tenu uniquement à un discours sur l’économie, les taxes et les impôts pour accompagner sa démonstration.

Il a également repris son thème des «valeurs québécoises conservatrices» après avoir averti ses militants de se préparer à être attaqués encore plus durement jusqu’au jour de l’élection.

«Ne laissez jamais personne vous dire que les valeurs conservatrices ne sont pas des valeurs québécoises», a-t-il dit en ramenant son laïus des baisses d’impôt et de sécurité accrue.

C’est toutefois lorsqu’il a fait référence à l’interdiction du niqab aux cérémonies de citoyenneté qu’il a obtenu la plus forte réaction, les militants lui servant une ovation debout.

Plus tard en après-midi, M. Harper s’est rendu à un rassemblement à Drummondville où l’ex-journaliste Pascale Déry tente de se faire élire.

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