HAMILTON — Des conservateurs hauts placés et des employés de campagne se préparent à l’éventualité d’une défaite et à l’incertitude qui régnerait au parti pour quelque temps; certains commencent même déjà à se pencher sur les mécanismes d’une éventuelle course à la direction.

D’après plusieurs militants et politiciens du Parti conservateur qui ont parlé à La Presse Canadienne dans les deux derniers jours, le moral des troupes est bas, particulièrement en Ontario où les libéraux auraient effectué des gains notables. Ils parlent avec découragement de grandes parties de l’Ontario qui retourneraient en mains libérales, et évoquent une antipathie à l’endroit du chef conservateur, Stephen Harper, et une soif de changement de la population qui seraient difficiles à freiner.

Malgré tout, certains écartent les sondages, les prévisions et les suppositions.

«Je pense que ce sera une campagne incroyablement serrée», a dit un haut conservateur sous le couvert de l’anonymat.

«Je pense que les conservateurs finiront avec une petite minorité malgré tous leurs efforts. On pourrait avoir autant une grosse minorité libérale qu’une grosse minorité conservatrice, mais ce sera probablement une petite minorité conservatrice.»

Avec la possibilité de la défaite qui pointe au radar, certaines sources se préparent à une possible démission de M. Harper et ce qui viendra après. Le parti n’a pas eu de course à la direction depuis sa toute première en 2004, lorsque l’Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur ont fusionné. Les règles du parti n’ont donc pas été touchées depuis.

«Le parti doit se préparer à toute éventualité, incluant la possibilité que le chef ne soit plus le chef lundi», a affirmé une autre source haut placée du parti.

Si M. Harper démissionnait, le parti aurait immédiatement besoin de déplacer son congrès annuel, prévu en mai à Vancouver. Le conseil national qui gouverne le parti devra nommer un comité organisateur pour l’élection d’un nouveau chef, et le président de ce comité devra immédiatement convoquer une rencontre des députés pour sélectionner un chef intérimaire.

Que M. Harper démissionne ou non, il y aura certainement une franche analyse des lacunes de la campagne et de sa gestion.

Beaucoup de plaintes ont surgi, des publicités inefficaces à la mauvaise formation des organisateurs locaux.

«Ce ne sera pas comme les libéraux, en 2004, qui sentaient qu’ils avaient gagné l’élection (avec une minorité)», a affirmé un autre conservateur.

«On peut gagner le gouvernement, tout en perdant une campagne.»

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!