Paul Chiasson/The Canadian Press Justin Trudeau lors d'un rassemblement à Edmonton

VANCOUVER — Alberta et Québec, même combat? À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, Justin Trudeau a bouclé sa campagne dimanche en lançant un appel à l’unité, plaidant que les deux provinces ont en ce moment au moins une chose en commun — leur volonté de congédier Stephen Harper lundi.

«Je le dis d’ici, de l’Alberta, que les Albertains, comme tous les Canadiens, ont besoin de nous, les Québécois. Le Canada a besoin que nous, les Québécois, se réengagent. Parce que pour avoir un meilleur gouvernement, on doit tous choisir un meilleur gouvernement», a-t-il clamé en français.

«Il est temps de s’unir; Québécois, Albertains, Canadiens!», s’est exclamé M. Trudeau dans une salle d’Edmonton où s’étaient massés plusieurs centaines de sympathisants. «L’Alberta compte! Le Québec compte! Le Canada compte!», a-t-il enchaîné, déclenchant un tonnerre d’applaudissements.

Le chef du Parti libéral du Canada (PLC) a lancé ce message en terre albertaine, province où l’on garde un souvenir amer de son premier ministre de père, Pierre Elliott Trudeau, et de son Programme énergétique national (PEN).

En marge d’un rassemblement qui a fait courir les foules à Calgary — où le PLC n’a pas fait élire de député depuis 1968 —, Justin Trudeau n’a pas voulu dire s’il croyait que les Albertains avaient pardonné à son père pour le PEN et, par extension, s’ils seraient prêts à lui donner une chance.

Il a par contre assuré qu’il en avait tiré des leçons.

«Moi, j’ai été très clair dans ma première visite à Calgary, dans ma campagne à la chefferie, disons que c’était une erreur de mettre un bout du pays contre un autre avec un quelconque programme comme le programme de mon père, et je travaille à la place pour rassembler les gens», a-t-il plaidé.

Fidèle à son habitude depuis le début de la campagne, le chef libéral a par ailleurs refusé de discuter de scénarios hypothétiques lorsqu’il a été questionné sur les lendemains du scrutin du 19 octobre. Pas question, donc, de parler coalition ou du moment où le Parlement pourrait être rappelé.

Les libéraux sont installés en pole position dans quelques sondages parus au cours des derniers jours. Un sondage Léger paru samedi les place premiers au Canada (38 pour cent) et au Québec (31 pour cent), mais avec cependant 36 pour cent d’électeurs qui pourraient changer d’opinion d’ici lundi.

Le PLC, qui avait fait élire seulement sept députés au Québec en 2011, espère évidemment réaliser des gains qui lui permettraient de former un gouvernement. Dans la région de Montréal en particulier, quelques circonscriptions pourraient revenir dans son giron, d’après les plus récents sondages.

Mais d’est en ouest, en cette dernière semaine de campagne, dans les sept provinces où il a fait escale, Justin Trudeau a prévenu que rien n’était encore joué. Il l’a répété dans chacun de ses discours, dimanche, en Alberta comme en Colombie-Britannique.

«Cette élection n’est pas terminée. Elle sera très serrée. (Stephen) Harper a prouvé maintes fois qu’il est prêt à tout faire pour maintenir son pouvoir», et il a encore «des tours dans son sac», a-t-il averti.

Justin Trudeau a fait une démonstration de force dans l’Ouest, dimanche, attirant des foules imposantes dans les quatre villes où la caravane libérale s’est posée.

L’ultime rassemblement de la campagne, du côté de North Vancouver, avait une signification particulière pour lui: James Sinclair, le père de sa mère Margaret, a représenté la circonscription dans laquelle se trouve la municipalité pendant 18 ans aux Communes.

«Je ne suis pas certain si le fait d’aimer faire campagne a une composante génétique, mais si c’est le cas, je peux retracer la passion que j’éprouve à le faire à grand-papa», a raconté celui qui a sauté dans l’arène politique en 2008.

«Il adorait cogner aux portes, sortir et rencontrer les gens, prendre le temps d’écouter attentivement ce qu’ils avaient à dire. C’est son style que j’ai adopté», a poursuivi M. Trudeau, qui a semblé savourer le moment.

Alors que le rideau s’apprête à tomber sur cette campagne-marathon de 78 jours, en cette dernière journée où il est permis de faire campagne, le chef libéral avait dit en matinée, à Edmonton, être préoccupé par un élément en particulier.

«Je dois avouer qu’aujourd’hui, beaucoup de mes réflexions sont avec mon fils Xavier, qui fête son huitième anniversaire aujourd’hui», avait-t-il offert, rappelant que son fils aîné partage sa date d’anniversaire avec Pierre Elliot Trudeau, qui aurait eu 96 ans dimanche.

Mais Justin Trudeau, pour qui une victoire lundi signifierait un retour à la résidence où il a été élevé, le 24, promenade Sussex, à Ottawa, juge que le jeu en vaut la chandelle.

«Ce qu’on est en train d’essayer de faire ici, d’offrir un meilleur gouvernement aux Canadiens, de défaire Stephen Harper, justifie… un peu… de ne pas pouvoir être là avec mon fils», a-t-il fait valoir.

La caravane libérale, dont le parcours a été émaillé d’un seul écueil majeur — l’éjection cette semaine du coprésident de la campagne nationale, Dan Gagnier, pour avoir fourni des conseils de lobbying au promoteur du projet d’oléoduc Énergie Est —, s’est ébranlée pour une dernière fois dimanche soir.

Le retour en avion de Vancouver à Montréal, où se déroulera la soirée électorale du PLC, se fait de nuit.

M. Trudeau votera lundi dans un bureau de la circonscription de Papineau, où il tente de se faire réélire pour une troisième fois.

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