Sammy Yatim. La Presse Canadienne

TORONTO – Le jeune homme abattu de plusieurs coups de feu par un policier de Toronto dans un tramway déserté avait confié au chauffeur quelques minutes plus tôt que des gens voulaient attenter à sa vie, a-t-on entendu au procès, lundi.

Le chauffeur Chad Seymour a été la dernière personne à parler à Sammy Yatim avant que le jeune homme de 18 ans ne soit abattu par l’agent James Forcillo, accusé de meurtre non prémédité. Le jury a appris plus tôt au procès que la victime avait consommé de l’ecstasy.

Dans son témoignage, lundi, le chauffeur du tramway a raconté aux jurés que ce vendredi de juillet 2013, en fin de soirée, il a subitement entendu une femme crier et un passager s’avancer en disant que quelqu’un manipulait un couteau. Les passagers se sont alors rués vers la porte à l’avant de la voiture, demandant au chauffeur d’ouvrir. M. Seymour a immobilisé le véhicule et ouvert les portes avant et arrière, par lesquelles les passagers se sont rapidement engouffrés.

Le chauffeur a pendant ce temps appuyé sur le bouton d’appel de détresse du tramway, et il a vu ensuite le jeune homme s’avancer vers lui, bras tendu et couteau à la main, murmurant entre ses dents mais relativement calme. Le chauffeur a admis lundi qu’il aurait aimé alors quitter le véhicule, mais qu’il n’aurait pas pu le faire sans bousculer des passagers.

Résolu à demeurer sur place, il a engagé la conversation avec le jeune homme, qui vociférait des obscénités à travers la porte, sans se soucier de lui. Le chauffeur a alors demandé au garçon ce qui n’allait pas, et Sammy Yatim a soutenu qu’on voulait le tuer, et il a réclamé un téléphone pour appeler son père.

M. Seymour a alors invité le garçon à s’asseoir et lui a dit qu’il voulait l’aider. Le jeune homme s’est alors déplacé vers l’arrière et s’est assis, alors que le chauffeur se tenait debout à l’avant, en haut des marches de la sortie.

«J’ai décidé de rester dans le tramway parce que la conversation était amorcée, a expliqué M. Seymour au tribunal. Je savais que puisqu’il était assis et que ma vie était en danger, personne d’autre ne courait de risque.»

Lorsqu’une voiture de patrouille est arrivée, sirène hurlante, le jeune homme s’est levé d’un bond et a recommencé à hurler, et le chauffeur a alors décidé de sortir du véhicule. Une fois sur le trottoir, il a entendu les sommations répétées du policier à l’endroit du jeune homme, qui le narguait, se rappelle M. Seymour.

Le chauffeur a ensuite vu l’agent Forcillo tirer ses trois premiers coups de feu en direction de la victime, suivis, 45 secondes plus tard, d’autres coups de feu.

On a appris au procès que l’accusé avait tiré à neuf reprises en direction de la victime; huit balles ont atteint leur cible.

La Couronne plaide l’usage d’une force excessive, alors que l’avocat du policier plaide la légitime défense.

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