Mario Beauregard/Métro

MONTRÉAL – Le milieu scolaire a été particulièrement touché, mercredi, par la troisième journée de grève tournante du front commun intersyndical.

Le front commun n’était d’ailleurs pas le seul à débrayer, puisque la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), un regroupement indépendant de syndicats qui représente le tiers des enseignants du primaire et secondaire, tenait elle aussi sa deuxième journée de débrayage cette semaine.

Des piquets de grève ont ainsi été dressés devant les écoles de Montréal par les enseignants membres de l’Alliance des professeurs de Montréal, affiliée à la FAE, ainsi qu’en Outaouais. La FAE ne fait pas partie du front commun intersyndical.

Mercredi, les syndiqués de l’Alliance ont notamment bloqué les accès au siège de la Commission scolaire de Montréal, ce qui fait que même le personnel de soutien, qui n’était pas en grève, n’a pu entrer au travail.

Les enseignants se disent déterminés à voir leurs conditions de travail bonifiées et refusent le statu quo.

«Pour négocier une entente de principe, il faut améliorer le quotidien des enseignants; il faut assurer les services essentiels pour nos élèves pour leur assurer de bonnes conditions d’apprentissage et il faut valoriser également la profession enseignante, en s’attaquant à la précarité qui se vit surtout à l’éducation des adultes et à la formation professionnelle», a plaidé Catherine Renaud, présidente de l’Alliance, au cours d’une entrevue.

À la Commission scolaire de Montréal, la présidente Catherine Harel-Bourdon a expliqué que les commissions scolaires se sentent prises «en sandwich entre le gouvernement du Québec et les membres de notre personnel; je pourrais dire aussi entre l’arbre et l’écorce».

«C’est sûr que nous, comme conseil des commissaires, on est conscient des défis que relèvent nos employés, particulièrement nos enseignants. On sait que c’est un contexte difficile avec les compressions budgétaires dans nos établissements. On est conscient aussi que les parents, ce n’est pas facile pour eux, parce qu’ils doivent trouver d’autres options (pour s’occuper de leurs enfants)», a confié en entrevue Mme Harel-Bourdon.

Au front commun, des syndiqués ont aussi dressé des piquets de grève devant des établissements de plusieurs commissions scolaires en Montérégie, en Estrie, en Mauricie et au Centre-du-Québec. La Centrale des syndicats du Québec, qui représente les deux tiers des enseignants du primaire et secondaire, fait en effet partie du front commun.

Des établissements de santé et de services sociaux étaient également touchés par la grève tournante des syndiqués du front commun dans ces dernières régions.

Le front commun dispose d’un mandat de grève tournante, à raison d’une journée par région dans la semaine du 26 octobre. S’il n’y a pas de progrès suffisant aux tables de négociation, le front commun prévoit débrayer durant deux jours par région à compter du 9 novembre. Et s’il n’y a toujours pas de progrès notable, il prévoit une grève générale les 1er, 2 et 3 décembre.

La FAE, de son côté, dispose d’un mandat de grève de trois jours. La première journée de grève a été tenue le 30 septembre; la seconde l’est cette semaine, de lundi à mercredi selon la région. La date de la troisième journée n’a pas encore été annoncée.

Au cours d’une entrevue, Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement, a dénoncé le «blocage» à la table de négociations, «malgré ce que prétend le président du Conseil du trésor».

M. Mallette affirme que les «concessions» faites par le gouvernement, au cours des dernières semaines, sont en fait des reculs par rapport à des concessions qu’il demandait aux syndiqués, donc ces reculs ne font que ramener le statu quo — que les syndiqués refusent.

«Le premier ministre nous a interpellés hier en nous disant: « Écoutez, on a été capable de régler avec les médecins spécialistes, les médecins généralistes et les pharmaciens. » Eh bien nous, on est prêt à prendre l’entente qu’ont obtenue les pharmaciens, les médecins généralistes et les médecins spécialistes. Si demain matin, ils veulent nous accorder ces augmentations salariales, on est prêt à les prendre», a lancé M. Mallette.

Le gouvernement offre à l’ensemble des employés de l’État deux années de gel salarial, suivies de trois années avec des augmentations d’un pour cent par année. Il souhaite aussi faire passer de 60 à 62 ans l’âge auquel il sera possible de prendre sa retraite sans pénalité.

De son côté, le front commun réclame des augmentations de salaire de 4,5 pour cent par année pendant trois ans.

Les négociations se poursuivent toujours entre les parties. Les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!