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OTTAWA – Le ministère de la Défense est réticent à assurer le suivi médical de ses réservistes, car le tiers d’entre eux n’ont même pas d’omnipraticien et s’ils devaient tomber malades, ils pourraient alors être à la charge du gouvernement canadien, conclut l’ombudsman.

Dans son plus récent rapport, Gary Walbourne note que seulement quatre des 18 unités d’ambulance de campagne, responsables des militaires à temps partiel, procèdent à des examens périodiques, et la vaste majorité de ces unités ne sont pas équipées adéquatement pour le faire.

L’ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes conclut que les différents détachements manquent de personnel et n’ont souvent même pas accès à la banque de données centrale des dossiers médicaux des militaires.

Comme les réservistes sont des militaires à temps partiel, on s’attend en général à ce qu’ils obtiennent leurs soins de santé par l’entremise de leur réseau provincial, même si l’armée exige d’eux qu’ils soient en assez bonne santé pour être déployés à tout moment.

M. Walbourne souligne plusieurs zones grises, notamment la responsabilité civile et sociale de l’armée envers les patients dits «orphelins» de médecin de famille. Car si un réserviste malade ne peut se trouver un médecin de famille, le ministère de la Défense devra lui en trouver un, sinon le soigner lui-même. Le ministère reconnaît que cela mènerait à une énorme ponction de ressources pour des cliniques militaires déjà débordées.

Les réservistes sont de plus en plus sollicités par l’armée pour des missions au pays et à l’étranger. L’été dernier, par exemple, l’important contingent de militaires venus combattre les incendies de forêt en Saskatchewan comptait près de 80 réservistes. Or, l’ombudsman a révélé par le passé que près des trois quarts des militaires à temps partiel de cette province n’avaient pas subi d’examens médicaux périodiques.

Selon M. Walbourne, cette situation pourrait devenir explosive pour la Défense nationale — par exemple si un réserviste se blessait ou perdait la vie au cours d’une mission, et que l’on apprenait par la suite que le militaire n’avait pas subi d’évaluation médicale régulière avant d’être déployé.

Les zones grises en matière de soins de santé pour les réservistes ne datent pas d’hier. En 2011, le ministère de la Défense nationale ne savait pas trop quoi faire avec les militaires à temps partiel blessés en Afghanistan. Des documents obtenus par La Presse Canadienne en 2013 révélaient aussi une absence de mécanisme pour s’occuper des militaires à la fin de leur contrat d’engagement. De même, les «commandants (d’unités) ignoraient si leurs soldats obtenaient des soins», en particulier pour des problèmes de santé mentale comme le trouble de stress post-traumatique.

Le gouvernement conservateur a reconnu le sort difficile des réservistes, le printemps dernier, en leur octroyant les mêmes allocations pour pertes de revenus que la loi offrait déjà aux militaires de carrière. Les libéraux, quant à eux, ont promis d’améliorer les soins offerts aux militaires.

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